Le Mvet: Support acoustique de communication de la communauté Ekang
L’Afrique a construit son patrimoine matériel à l’instar des supports acoustiques de la communication. Une communication verticale avec le divin et celle horizontale avec ses semblables.

Le Mvet, fait partie de cette kyrielle des supports acoustiques de la communication aux côtés du balafon, du Tam-tam, le tambour, le djembé, et bien d’autres. Il est une révélation divine. Sur le plan historiologique le Mvet est révélé à Oyono Ada Ngono, dans un coma proche de la mort. « C’est dans ce coma qu’il a reçu la révélation divine ». Le dévoilement reposait sur la construction des mondes, et les sciences. « Dans le coma initiatique Dieu « Eyo » lui révèle la cosmogénèse c’est-à-dire la création du monde et de l’univers, la théogonie c’est-à-dire la hiérarchie divine les arts et la science. C’est au sortie de cette léthargie qu’Oyono Ada Ngono crée le premier Mvet de l’histoire de l’humanité », explique l’ethnomusicologue et anthropologue François Bingono Bingono.
A partir de ce récit, le Mvet est ; « le livre des livres des Ekangs ». Autrement dit c’est « le bassin de connaissances de toute la civilisation Ekangs ». Les études récentes prouvent à suffire la présence de la communauté Ekang dans plus de vingt-quatre Etats. En Afrique centrale notamment : Angola, le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée Equatoriale, et en République centrafricaine, Sao Tomé et Principe, en Afrique de l’Ouest les Ekangs sont présents au Benin, Côte-d’Ivoire, en Afrique de l’Est, on les retrouve au Sud du Soudan, Zimbabwe, Afrique du Sud, Kenya et l’Ethiopie qui est la terre d’origine de la communauté Ekang. Le critère de reconnaissance de cette communauté bien qu’elle ne parle plus les langues originelles c’est à partir de l’onomastique.« Lorsque vous arrivez en Côte-d’Ivoire, l’on y retrouve les « « fongs », de Gwazi et de Zoetélé, ils s’appellent Aka, Owono, Nguini, qui sont les noms que les fongs du Cameroun portent », revèle l’ethnomusicologue. Un autre critère pour reconnaitre un Ekang c’est aussi « le récit de leur migration depuis le pays des origines qui est l’Ethiopie, le maitre du Mvet, l’initié est celui qui connait l’histoire des Ekangs, retrace les grandes généalogiques, et puis le projet et objectifs des Ekangs ».
Le Mvet une étude
Le Mvet est un support acoustique de la communication que l’on classe parmi les cordophones. Pour ce qui est des écoles, on a des écoles mineures, le genre majeur qui Ekang où l’on raconte le sempiternel combat des immortels. Au plan des écoles en tant que technique, il y a plusieurs sessions. La première session va de 3 à 5 ans l’apprenti fabrique son et chante des petits poèmes romantiques, le deuxième cycle va de 5 à 9 ans, l’apprenant n’est pas un initié mais on lui parle du monde de l’au-delà, de 9 à 15 ans l’initié apprend à descendre dans le monde l’au-delà de façon rituelle et le dernier cycle va de 15 à 25 ans. En dépit de écoles existantes, le Mvet originel est dans une déliquescence totale, il tend à disparaitre. Soucieux de protéger cet et de le perpétuer ce patrimoine commun des Ekangs « le Cameroun, le Congo le Gabon, la Guinée Equatoriale l’ont inscrit dans le patrimoine de l’humanité de l’Unesco afin de redonner vitalité et importance à cette science-là qui est le socle de la connaissance de la communauté Ekang », se réjouit le communicologue Bengono Bengono. Dans la même veine, il nourrit le projet d’ouvrir au niveau national « une école de Mvet dans les prochains mois. Les efforts sont faits pour la renaissance du Mvet, nous avons espoir qu’il va aboutir. L’on espère que le Mvet va connaitre le même allant que le balafon. Nous invitons les chefs traditionnels Ekangs pour mettre sur pieds les groupes de danses et pratiquants de rythmes patrimoniaux mais aussi d’avoir en leur sein leurs joueurs du Mvet », conclut l’ethnomusicologue François Bingono Bingono.
Olivier Mbessité



