Corridors d’Afrique centrale : le Fonds routier et Expertise France accélèrent le pari de l’intégration régionale

L’intégration de l’Afrique centrale emprunte encore trop souvent des routes dégradées.

C’est précisément ce paradoxe que le programme CORAC 5 & 6 entend corriger. Reçu le 7 juillet par le directeur général du Fonds routier, M. Franky Awounkeng, coordinateur du Corridor 5, accompagné de Mme Hilary Kengue, responsable de la composante 2 du projet, est venu explorer les bases d’une coopération appelée à renforcer les infrastructures stratégiques reliant le Cameroun au Tchad et à la République centrafricaine.
Doté d’une enveloppe de 30 millions d’euros pour la période 2025-2029, le programme CORAC est financé par l’Union européenne dans le cadre de l’initiative Global Gateway. Son ambition dépasse largement la seule réhabilitation des axes routiers. Il s’agit de réduire les coûts logistiques, de sécuriser les transports, de fluidifier les échanges commerciaux et, à terme, de consolider le marché commun d’Afrique centrale.
Les corridors 5 et 6 constituent, à cet égard, des artères vitales. Ils assurent l’approvisionnement des pays enclavés que sont le Tchad et la République centrafricaine depuis les infrastructures portuaires camerounaises. Chaque ralentissement, chaque dégradation de chaussée ou interruption du trafic se traduit par un renchérissement du coût des marchandises et une perte de compétitivité pour l’ensemble de la sous-région.
La rencontre a également mis en évidence la nouvelle dimension stratégique du Fonds routier. Depuis le décret du 10 juillet 2025, l’établissement ne se limite plus au financement de l’entretien routier. Ses compétences couvrent désormais les études, les investissements, la protection du patrimoine routier, la gestion des péages ainsi que la mobilisation de financements destinés aux infrastructures.
Cette évolution institutionnelle ouvre des perspectives inédites. En articulant les ressources du Fonds routier avec les financements européens, le Cameroun entend bâtir un modèle plus durable de gestion des corridors régionaux, où l’entretien des infrastructures devient aussi important que leur construction.
Au-delà des aspects techniques, ce rapprochement traduit une conviction de plus en plus partagée : l’intégration de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale ne pourra progresser sans corridors performants. Dans une région où le transport routier demeure le principal vecteur des échanges, la qualité des infrastructures conditionne autant la circulation des marchandises que celle des investissements.
Les discussions engagées devraient se poursuivre dans les prochains mois afin de formaliser un partenariat. Pour Yaoundé comme pour ses voisins, l’enjeu dépasse le simple bitume : il s’agit de faire des corridors régionaux le socle d’une intégration économique plus fluide, plus compétitive et davantage créatrice de croissance pour l’ensemble de l’Afrique centrale.
Ongoung Zong Bella



