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Prévention du choléra : MSF ouvre une unité de production de chlore à Yaoundé

Lancé le 8 juillet 2026, le projet vise 12 000 ménages dans le district de santé de Djoungolo, l’un des principaux foyers de l’épidémie dans la capitale.

La lutte contre le choléra et d’autres maladies hydriques liées prend une nouvelle tournure dans le district de santé de Djoungolo. Il n’y sera désormais plus question uniquement de la gestion de crises sanitaires liées à ces épidémies, ni d’actions préventives occasionnelles. L’on y est désormais tourné vers une action pérenne d’assainissement de l’eau de consommation en faveur des populations. C’est ce qu’augure le lancement, le 8 juillet dernier, de l’unité locale de production de chlore. L’infrastructure financée par Médecins sans frontières cible 12 000 ménages pour un total de 60 000 bénéficiaires.

Les opérations de distribution, à la charge de la Croix-rouge camerounaise, comprennent la livraison gratuite de 2000 flacons de chlore à des ménages et la commercialisation de 10 000 autres durant les six prochains mois. Tout cela est adossé à la poursuite des activités de suivi sanitaire et de sensibilisation placée sous la responsabilité du district de santé de Djoungolo. «C’est un début. On va aller crescendo, on essaye d’introduire le produit au sein des ménages lumières et après cela, on va produire pour toute la population ; mais dès aujourd’hui, il est disponible pour toute la population de Yaoundé. C’est un produit efficace, on a fait des vérifications au niveau du Centre Pasteur. Le chlore plus est déjà homologué. Pour l’instant on est dans la phase pilote», indique le chef de mission adjoint de MSF Cameroun, Souleymane Bah.

La région du Centre détient l’un des tristes records en matière de choléra. Elle comptait à elle seule 501 cas confirmés et 14 décès 512 sur les 512 nouveaux cas et 17 décès enregistrés durant la crise de 2023. La situation de Djoungolo, est symptomatique des quartiers défavorisés. «Nous rencontrons des problèmes d’eau potable. Ce ne sont pas des problèmes qui datent d’hier et l’une des solutions moins onéreuses à laquelle nous pensons est de potabiliser l’eau disponible avec du chlore. On entend distribuer ce chlore dans toute l’étendue du territoire, dans les régions qui sont les plus impactées par le choléra. Pensez-bien avec le changement climatique, avec les inondations, lorsque les eaux sont parties, on sait quels sont les risques de maladies hydriques que nous pouvons avoir», souligne le secrétaire général de la Croix-rouge camerounaise, Renauld Bodiong.

Réalité de la lutte contre le choléra
Le choléra constitue l’un problèmes majeurs de santé publique au Cameroun. Les données pointent plus de 17 000 cas notifiés depuis 2021, ainsi qu’un nombre de 400 personnes décédées, représentant un taux de létalité de 2,25%. L’ampleur du phénomène est entretenue dans les frontières nationales par l’insuffisance de l’approvisionnement en eau potable dans les communautés, l’insalubrité dans les villes et les fortes pluviométries qui contribuent à la propagation du germe. Face à tout cela, les moyens de prévention de la maladie diarrhéique restent limités. Principalement, les moyens se rapportant à la vaccination des populations. Le pays dispose de stocks de vaccins limités en raison des indisponibilités à l’échelle mondiale. Toutes choses qui sont prises en compte dans le Plan national de lutte contre le choléra visant à réduire la mortalité due à cette maladie de 90% à l’horizon 2030. Lequel s’articule autour : de la surveillance et du diagnostic de laboratoire, la prise en charge des cas, la prévention et le contrôle des infections, la vaccination, l’eau l’hygiène et l’assainissement, la communication sur les risques et l’engagement communautaire.

Louise Nsana

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