2,2 millions de déplacés : le poids humanitaire du Cameroun

Le Cameroun confirme ainsi sa position de terre d’asile majeure en Afrique centrale, mais aussi l’ampleur des défis humanitaires qui y sont liés.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), a rendu public les statistiques des populations déplacées au camerounais à fin juin 2026. Les données y afférentes font état de 475 401 réfugiés, 29 449 demandeurs d’asile, 1 004 257 déplacés internes et 790 842 retournés. Soit un total de 2 299 949 personnes relevant de la protection internationale. A en croire l’institution internationale, le pays fait ainsi face à deux dynamiques de déplacement, avec d’une part l’afflux de réfugiés centrafricains ; lesquels représentent 66% de la population totale de réfugiés. D’autre part, la crise du bassin du Lac Tchad, liée aux exactions de la secte terroriste Boko Haram, qui a poussé près de 127 000 Nigérians à quitter leurs localités d’origine.
Plus de la moitié des réfugiés sont des femmes et des filles, et un peu plus de la moitié sont des enfants ; cette proportion atteint 57% chez les déplacés internes. Plus de 154 000 personnes présentent des besoins spécifiques. Notamment, des enfants à risque, les femmes vulnérables, les personnes âgées isolées, les personnes handicapées ou les victimes de violences basées sur le genre.
L’éducation reste un défi majeur. Sur près de 203 000 enfants en âge d’être scolarisés, près de la moitié n’a reçu aucune instruction. La cartographie des vulnérabilités mises en exergue au travers des données du HCR laisse à voir une grande dépendance à l’aide humanitaire parmi les personnes déplacées adultes. L’on compte notamment 56010 réfugiés centrafricains sans emplois. Les autres activités génératrices de revenus documentées sur la période sous revue sont liées aux activités champêtres, d’aide-ménagères, manœuvres, entre autres. Le gouvernement camerounais, en partenariat avec le HCR et les acteurs humanitaires, maintient un important dispositif d’accueil malgré la baisse de l’aide humanitaire. Cette solidarité, saluée par la communauté internationale, s’accompagne d’une pression croissante sur les infrastructures locales et les ressources économiques des communautés hôtes. Le poids de la pression est cependant rattaché à la réalité de la longévité des crises humanitaire. Près de la moitié des réfugiés centrafricains vivent au Cameroun depuis plus d’une décennie.
Louise Nsana



