Différend sur l’île Mbanié : le Gabon et la Guinée Équatoriale avancent vers un accord

Dans le Golfe de Guinée, quelques îlots inhabités continuent de peser lourd dans les relations entre le Gabon et la Guinée Équatoriale. Mbanié, Conga et Cocotiers sont au cœur d’un différend frontalier qui dure depuis plusieurs décennies. Mais, cette fois, les deux voisins semblent décidés à avancer.

Le 9 juillet, le président gabonais Brice Clotaire Oligui Nguema a reçu à Libreville Albert Shingiro, envoyé spécial du président de la Commission de l’Union africaine. Au menu des discussions : l’état d’avancement des négociations engagées pour appliquer l’arrêt rendu par la Cour internationale de justice (CIJ).
Selon la présidence gabonaise, les discussions techniques sont désormais achevées. Un accord définissant le cadre de la médiation de l’Union africaine devrait être signé dans les prochaines semaines par les ministres des Affaires étrangères des deux pays. Ce document doit permettre d’engager concrètement la mise en œuvre de la décision de la CIJ.
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, la juridiction internationale n’a pas simplement attribué les îlots à l’un ou l’autre État. Elle s’est prononcée sur les fondements juridiques présentés par les deux parties et laisse désormais au Gabon et à la Guinée équatoriale le soin de traduire cette décision sur le terrain, à travers des discussions bilatérales.
C’est précisément là que l’Union africaine entend jouer un rôle central. L’organisation continentale souhaite accompagner les deux capitales afin d’éviter que ce dossier sensible ne ravive les tensions dans une région stratégique pour le commerce maritime, la sécurité et les ressources naturelles.
Pour Libreville, la recherche d’une solution négociée est aussi un signal politique. Le président Oligui Nguema a réaffirmé son attachement à la paix, à la stabilité et à l’intégration régionale, saluant les efforts de l’Union africaine pour favoriser le dialogue entre les deux pays.
Au-delà de la question des frontières, l’enjeu est de préserver de bonnes relations de voisinage dans le Golfe de Guinée. Une résolution pacifique du différend renforcerait la coopération entre le Gabon et la Guinée équatoriale, tout en envoyant un message fort : les contentieux hérités de l’histoire peuvent être réglés autour d’une table de négociation plutôt que dans l’escalade des tensions.
Si l’accord annoncé est effectivement signé dans les prochaines semaines, il marquera une étape décisive vers la fermeture de l’un des plus anciens dossiers frontaliers d’Afrique centrale.
Rémy Biniou



