Timothée Abono Mpoumbiel : « nous devons offrir aux jeunes de Yokadouma des possibilités d’insertion »
Le maire de Yokadouma revient sur les défis qui s’imposent à sa commune dans un contexte d’abondantes ressources qui peinent encore à impacter les conditions de vie des populations.

Quels défis pose une commune comme celle de Yokadouma, riche en potentiel mais encore enclavée ?
Yokadouma est une commune à fort potentiel. C’est un territoire riche sur le plan naturel, culturel et humain. Nous avons une population dynamique, une forêt qui constitue une richesse considérable et une diversité culturelle qui fait notre identité. Mais nous sommes également conscients des difficultés auxquelles nos populations sont confrontées. Notre responsabilité est donc de transformer progressivement ces potentialités en véritables opportunités de développement. Les défis sont nombreux. Nous pouvons notamment citer l’état des routes, l’accès à l’eau potable, l’éclairage public, les infrastructures sanitaires et scolaires, mais également l’emploi des jeunes. L’étendue de la commune rend aussi certaines interventions particulièrement difficiles. Nous devons donc travailler avec les services de l’État, les partenaires au développement et les populations pour apporter des réponses adaptées. Chez nous, la forêt représente une ressource économique, mais elle constitue également notre patrimoine. Nous devons donc rechercher un équilibre entre valorisation économique et préservation culturelle.
La jeunesse représente une part importante de la population. Que faites-vous pour répondre à ses attentes ?
La jeunesse est au cœur de nos préoccupations. Nous devons lui offrir des possibilités de formation, d’insertion et d’entrepreneuriat. Nous encourageons les jeunes à s’intéresser aux opportunités disponibles dans l’agriculture, les métiers de la forêt, le numérique, les services et les petites entreprises. Nous voulons une jeunesse actrice du développement de Yokadouma et non simplement spectatrice. Nous avons plusieurs possibilités. L’agriculture, notamment le cacao, constitue un secteur important. Nous avons également les produits forestiers non ligneux, l’élevage, la pêche, le commerce et le tourisme lié à notre patrimoine naturel. Notre objectif est de favoriser la transformation locale des produits afin que la valeur ajoutée profite davantage aux populations. Nous avons également une population Baka jeune. Leur culture, leurs connaissances de la forêt, leurs traditions et leur patrimoine méritent d’être valorisés. Notre ambition est de favoriser leur participation au développement local tout en respectant leur identité et leurs spécificités culturelles.
Quel rôle souhaitez-vous voir jouer les habitants eux-mêmes dans le développement de Yokadouma ?
Nous avons conscience que gouverner une commune comme Yokadouma demande beaucoup d’écoute et de proximité. Nous essayons d’être à l’écoute des populations, de travailler avec les chefferies traditionnelles, les associations, les jeunes, les femmes et les différents acteurs locaux. La gouvernance locale doit être participative. Je comprends les attentes des populations. Lorsqu’une population attend une route, un point d’eau ou une infrastructure sanitaire, elle souhaite naturellement voir les résultats rapidement. Mais certaines réalisations nécessitent des moyens importants et l’intervention de plusieurs partenaires. Nous devons donc continuer à travailler avec patience et détermination. L’essentiel est de maintenir le cap et de rechercher constamment des solutions.
Le développement ne peut pas être uniquement l’affaire de la mairie. Les populations doivent également participer à la construction de leur commune. Cela passe par l’entretien des espaces publics, la protection de l’environnement, la participation aux initiatives communautaires et surtout le respect des biens collectifs. Nous avons besoin d’une véritable culture citoyenne. Je voudrais dire aux populations de Yokadouma que nous devons croire en notre commune. Nous avons des difficultés, mais nous avons surtout énormément de potentialités. Notre forêt, notre jeunesse, nos cultures et nos terres constituent des richesses. Ensemble, avec l’État, les partenaires et les populations, nous pouvons construire une commune plus moderne, plus attractive et plus prospère. Yokadouma mérite cette ambition.
Gaëlle Atangana



