Enseignement supérieur : la rentrée académique sous haute tension
Le Bureau exécutif national du syndicat national des Enseignants du supérieur (Ben-Synes) a annoncé le 3 septembre la « rentrée académique morte » dans toutes les universités publiques du Cameroun.

La rentrée académique prévue le 5 octobre 2026, n’augure pas les lendemains meilleurs pour la communauté universitaire. Les seigneurs de la craie ne décolèrent pas de la précarité dans laquelle ils baignent depuis des années. La grève illimitée est lancée dans toutes les universités publiques pour faire bouger les lignes. « Le Synes a, au regard de la dégradation que connait l’éducation au Cameroun et de la précarisation dans laquelle est désormais installée les enseignants en général et ceux du supérieur en particulier, le Ben-Synes, introduit une demande d’audience auprès du Chef de l’Etat du Cameroun Paul Biya, le 20 janvier 2025. Rendu à ce jour, cette demande est restée sans suite », fulmine le Pr Jeannette Fotso Wogaing, anthropologue à l’Université de Douala, secrétaire général du Synes.
Le Synes s’est réuni en session extraordinaire le 3 septembre dernier, et a décidé de la « rentrée académique morte dans toutes les universités d’Etat ». Selon le Pr Roger Fopa Kuete, coordonnateur du Synes à l’Université de Maroua, la décision murement réfléchie, se justifie d’une part par le gel de dialogue entre le ministre d’Etat, ministre de l’Enseignement supérieur (Minesup), Jacques Fame Ndongo, et les enseignants depuis un an et demi. Il s’agit de « La dernière rencontre pendant laquelle le Synes avait discuté du payement de la dette académique date du 15avril 2025 », explique le Pr Roger Fopa Kuete, chargé de cours; enseignant de l’épistémologie de la littérature à l’Université de Maroua.
Les griefs émis par le Synes se résument à l’amélioration du cadre de travail des enseignants. Parmi ceux-ci il évoque le flou total sur l’apurement total de la dette académique qui date de 21 ans aujourd’hui (2000-2021), et dont de nombreux collègues se plaignent de n’avoir pas reçu leur paiement intégral. Les enseignants du supérieur réclament le versement intégral des sommes dues de l’allocation spéciale pour la modernisation de la recherche à tous les enseignants sans exclusive dont les sommes dues s’étalent du quatrième trimestre 2025, aux deux premiers trimestres de 2026. IL faut le rappeler que dès le 1er octobre 2026, l’Etat accumulera quatre trimestres d’impayés. La Secrétaire générale du Synes le Pr Jeannette Fotso Wogaing s’interroge comment dans les conditions aussi misérables les enseignants peuvent-ils dispenser les cours, encadrer les thèses, les mémoires des étudiants et ne pas percevoir leur du depuis plus de 21 ans ?
Sortie de la crise
Le Ben-Synes fait savoir qu’il reste ouvert au dialogue constructif entre les différents acteurs. « Elle réaffirme sa disponibilité constante à un dialogue social sincère et constructif, et nous demandons qu’il ait des solutions concrètes aux problèmes posés. Parce qu’à chaque fois que nous avons tendu la main nous sommes sortis sans réponses, il est donc temps que les enseignants soient entendus », insiste la Secrétaire générale du Synes. Le Pr Roger Kuete Fopa, coordonnateur du Synes va plus loin dans ses propositions pour désamorcer la grève. Le Synes a formulé trois conditions majeures pour un retour à la normale, nous souhaitons avoir une suite sur l’audience adressée au Chef de l’Etat du Cameroun. « Le Synes est persuadé que cette rencontre de haut niveau permettra de susciter des mesures touchant aux salaires aux enseignants du supérieur qui doivent impérativement être arrimés à ceux de la sous-région, à l’aménagement d’un cadre de travail décent, et à la convocation des états généraux de l’éducation pour repenser notre système éducatif, afin qu’il réponde aux urgences du monde globalisé, et au besoin en développement humain et social du peuple camerounais. »
Olivier Mbessité



