À Londres : le Cameroun dévoile ses digues économiques
Dans la capitale britannique, Yaoundé a vanté ses mécanismes de résilience face aux crises.

Au Guildhall de Londres, le 9 septembre dernier, le Cameroun n’est pas venu seulement écouter les grands argentiers du Commonwealth disserter sur les risques géopolitiques, climatiques, économiques ou technologiques. Il est venu exposer sa propre équation : renforcer les capacités nationales pour mieux absorber les chocs extérieurs. Organisée par le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC), la table ronde sur les centres financiers de Londres a réuni responsables publics, dirigeants d’entreprises et experts financiers. Pour Yaoundé, l’enjeu est désormais de transformer les crises successives en accélérateur de résilience.
Produire
Covid-19, guerre russo-ukrainienne, tensions sécuritaires : Paul Tasong, ministre auprès du ministre de l’Économie, de la Planification et de l’Aménagement du territoire, a rappelé à Londres les secousses auxquelles le Cameroun a dû faire face. Sa réponse tient en trois mots : substitution aux importations. Le gouvernement entend renforcer la production nationale et la sécurité alimentaire, afin de réduire l’exposition du pays aux perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales. Une stratégie qui suppose cependant davantage d’investissements, d’infrastructures et de financements pour permettre au secteur productif de changer d’échelle.
Territoires
Le directeur général du FEICOM a, de son côté, déplacé le débat vers les collectivités. La finance climatique doit, selon lui, contribuer au financement d’infrastructures durables et au développement local. Routes, équipements, réseaux et aménagements ne sont pas de simples investissements : ils constituent les premières protections des territoires face aux chocs climatiques et économiques. Le défi consiste désormais à faire descendre cette finance jusqu’aux projets concrets, là où se mesure quotidiennement la capacité de résilience d’un pays.
Crédibilité
Le Cameroun veut également jouer la carte des standards internationaux pour attirer les investisseurs. Félix Mbayu, ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures chargé de la Coopération avec le Commonwealth, a souligné l’intérêt des partenariats pour ouvrir les marchés, développer les relations d’affaires et mobiliser les capitaux. Il a notamment cité la certification ISO du FEICOM comme un marqueur de crédibilité institutionnelle. Dans une compétition mondiale pour les financements, la confiance devient ainsi presque aussi stratégique que l’argent.
Partenariats
Le passage du Cameroun à Londres dessine finalement une stratégie à double détente : consolider le marché intérieur tout en s’ouvrant davantage aux capitaux, aux compétences et aux marchés du Commonwealth. Le message de Yaoundé est clair : la résilience ne signifie pas se refermer, mais réduire ses vulnérabilités pour mieux négocier avec le monde. Production locale, sécurité alimentaire, infrastructures durables, normes et partenariats constituent les principales digues avancées par le Cameroun. Reste maintenant à les transformer en réalisations capables de résister, elles aussi, aux prochains coups de vent de l’économie mondiale.
Ongoung Zong Bella



