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Pénurie du gaz domestique : les bonnes affaires du marché noir

Le gaz domestique se fait rare dans les stations à pompe et dépôts des grandes métropoles du Cameroun.  Le prix de la bouteille à gaz de 12,5 Kg est passé de 6500Fcfa à 10000 FCFA et 15000 FCFA dans certains points de vente.

Le gaz domestique est indisponible. A Yaoundé, et à Douala, ce sont les mêmes plaintes. Trouver la bouteille à gaz de 12,5kg relève d’un véritable parcours de combattant. Toutes les marques à savoir Tradex, Total, SCTM, Bocom et bien d’autres sont introuvables sur le marché. Jusqu’ici aucun communiqué officiel des autorités n’est rendu public pour faire la lumière. En attendant le retour à la normale, les ménages broient du noir. « J’ai fait les tours sur moto dans les stations et différents points de vente munie de ma bonbonne de gaz. Le gaz est introuvable depuis le week-end dernier. Lorsque je fais les calculs des dépenses faites pour le transport c’est un cout », explique Hortense, mère de maison. Une autre dame s’indigne, on n’a pas fini, avec les soucis liés à la rentrée scolaire, la pénurie de gaz s’installe, c’est stressant. « Je réfléchis comment vais-je gérer cette situation, les enfants doivent aller à l’école, il faut laver les tous petits à l’eau chaude le matin et faire déjeuner des enfants. C’est très pénible ces derniers temps même si l’on a la volonté de recourir à l’usage du charbon », explique cette dernière. La raison de sa préoccupation tient du coût de cette source de chaleur. « S’il faut acheter le charbon, il revient plus couteux que la bouteille à gaz. Le petit tas de charbon oscille entre 500 FCFA ou 1000 FCFA. Impossible de faire faire le repas d’une journée. Le charbon est très couteux, s’il faut préparer chaque jour avec la reprise des cours, l’achat du charbon va au-delà de 6500 FCFA. Il faut avoir de la chance pour trouver le charbon qui brule»

Inflation et spéculation

La rareté du gaz domestique s’accompagne de l’inflation. À Douala, l’on observe des longues files d’attente dans les points de vente. La pénurie a provoqué la flambée sur le marché parallèle. Le prix homologué la bouteille   de 12,5kg est fixé à 6500 FCFA, elle se négocie désormais entre 10000 FCFA et 15000 FCFA dans les points de vente habituels et le marché noir. Dans un communiqué du 14 septembre dernier, la Fondation camerounaise des consommateurs (FOCACO) alerte sur l’ampleur de la crise qui touche Douala, Yaoundé et Kribi depuis début septembre. Si l’Etat est silencieux sur cette crise, les causes de cette pénurie se justifient par le départ du Navire-usine norvégien Hilli Episeyo des cotes de Kribi en juillet 2026 pour les travaux de rénovation. Ce navire-usine produisait environ 30000 tonnes de gaz par an. Ce qui représentait près d’une bouteille de gaz sur trois consommée par les ménages locaux. Son arrêt crée un important déficit de production nationale. La FOCACO adresse trois séries de demandes : aux pouvoirs publics et à la CSPH de publier quotidiennement l’état des stocks disponibles par marque et renforcer la lutte contre la spéculation. À la SCDP et aux marqueteurs de fluidifier la chaine d’approvisionnement jusqu’aux détaillants, prioriser les bouteilles à usage domestique par rapport aux usages industriels, et publier un calendrier de livraison. Aux consommateurs : refuser tout tarif supérieur au prix officiel de 6500 FCFA et signaler les cas de spéculation constatés.

Olivier Mbessité

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