Dégradation du fleuve Nyong : les solutions endogènes s’imposent avec acuité
Les travaux de recherche du master professionnel soutenus par le candidat Dieudonné Day-Zal à l’Université de Yaoundé I appellent à une forte mobilisation des communautés locales de l’Est pour le revitaliser.

pairs et amis à l’issue de la soutenance
Le passage des pratiques journalistiques, à la méthode de recherche scientifique n’est pas une tâche aisée. Il faut oser, creuser, fouiller, ne laisser nulle part où l’œil ne passe et repasse pour produire un travail de qualité accepté par ses pairs. Dieudonné Day-Zal ancien journaliste à la Cameroon Radio Television (CRTV) l’a fait. Il a soutenu le master professionnel au département d’anthropologie le 14 septembre dernier à l’Université de Yaoundé I Ngoa Ekelle. La dégradation du fleuve Nyong fait l’objet de recherche. Le mémoire de 157 pages s’articule sur le thème : « Gestion durable des institutions sociopolitiques et réhabilitation du fleuve Nyong comme catalyseur de transformation intégrale du groupement Maka-Benbend : cas pilote du village Ndankuimb, arrondissement de Benbend-Atok, région de l’Est ». Après plus de deux heures d’échange houleux de construction, et de déconstruction du travail du candidat, les membres jury présidés par Luc Tamba Mebenga, président du jury, Dr Salamatou, rapporteur, Dr Gaston Ndock Ndock, François Ateba Ateba, tuteur vont à l’unanimité lui attribuer la mention excellent et une note de 18/20.
Synergie d’action
Les travaux sur fleuve Nyong, objet de recherche témoigne à suffire de l’urgence de lui redonner vie. Car à la vérité, il se meurt à petit feu. Le sujet est d’actualité, en osmose avec les Objectifs du développement durable (ODD). Il est le deuxième fleuve du Cameroun après la Sanaga et long de 640 km. D’ailleurs qu’une Conférence internationale sur le fleuve Nyong (Ciflen 2026) s’est tenue du 20 au 24 juillet 2026 au Palais des Congrès de Yaoundé poursuivant les mêmes desseins. Le fleuve Nyong traverse quatre régions : région de l’Est, du Sud, Centre, et du Littoral. Selon le candidat, la survie de ce bassin hydrographie par des solutions endogènes et appelle à la forte mobilisation des communautés locales. « Le fleuve Nyong est en train de dépérir devant nous. Mon travail est d’amener les populations à contribuer à tout ce qui peut être entrepris pour que le Nyong ne disparaisse pas », martèle Dieudonné Day-Zal, candidat. Il se remémore de l’implication d’alors des chefs traditionnels et des communautés locales. « Par le passé les populations contribuaient au désherbage du Nyong. Les autorités doivent agir en synergie avec celles-ci. Si elles ne sont pas impliquées, on n’aura pas les résultats escomptés. Jadis, les communautés locales en appui avec les autorités traditionnelles faisaient le cantonage côtier, chaque village riverain du Nyong s’occupait de son espace, ceci contribuait à chasser la jacinthe d’eau », laisse-t-il entendre. En d’autres termes, qui dit communauté locale, parle également du développement local, ce qui laisse transparaitre en filigrane la décentralisation encadrée par la constitution du 18 janvier 1996, puis actée par la loi 2019/024 du 24 décembre 2019 portant code général des collectivités territoriales décentralisées. Le mémoire de l’ancien journaliste du média à capitaux publics et ancien Maire de la commune d’Atok a essuyé quelques griefs sur le fond et la forme. Le fond reposait sur la méthodologie, la rigueur n’apparaissait pas, le thème qui est trop long et touffu, le lecteur se perd facilement, le lien entre la gouvernance des institutions locales et la dégradation du fleuve Nyong qui est lacunaire selon Dr Gaston Ndock Ndock, et les déséquilibres des parties. Il a été recommandé au candidat Dieudonné Day-Zal de tenir compte de toutes les remarques, afin de poursuivre ses travaux plus tard dans le cadre d’un doctorat.
Olivier Mbessité



