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Cameroun-UE : des forêts aux marchés, le partenariat cherche son élan

Faire de la relation entre Yaoundé et Bruxelles un levier de valeur ajoutée, d’emplois et d’investissements. Tel est le pari de la nouvelle représentante de l’Union européenne (UE).

Le message est désormais posé sur la table : les forêts camerounaises ne doivent pas seulement être protégées, elles doivent aussi profiter à ceux qui vivent à leurs côtés. Reçue le 17 septembre par Jules Doret Ndongo, le ministre camerounais des Forêts et de la Faune, Veronika Boskovic Pohar, cheffe de la délégation de l’Union européenne au Cameroun, a placé la gestion durable des ressources naturelles au cœur des discussions. La diplomate européenne a insisté sur une équation devenue incontournable : préserver la biodiversité, valoriser les ressources et créer des opportunités économiques. Autrement dit, transformer la richesse écologique en bénéfices économiques et sociaux, sans transformer la forêt en simple caisse à recettes.

La démarche s’inscrit dans une relation européenne qui entend désormais au-delà du regard des secteurs traditionnels. Le Cameroun dispose d’un patrimoine forestier considérable, mais également de filières agricoles, industrielles et horticoles susceptibles de générer davantage de valeur sur place. Derrière la question environnementale se profile donc celle, beaucoup plus terre à terre, de la transformation locale. Car exporter une matière première est une chose ; exporter davantage de produits transformés, créer des emplois et développer des entreprises camerounaises en est une autre. L’Europe entend manifestement encourager cette seconde équation.

Commerce

La veille, 16 septembre, c’est au ministère du Commerce que la nouvelle ambassadrice européenne entamait ses consultations. Avec Luc Magloire Mbarga Atangana, les échanges ont porté sur le partenariat commercial entre le Cameroun et l’UE, mais aussi sur la facilitation des investissements et les obstacles qui ralentissent encore les échanges. Le ministre a notamment défendu le bilan de l’Accord de partenariat économique (APE), en soulignant qu’au-delà des bananes, celui-ci aurait contribué à créer davantage de valeur ajoutée dans les filières cacao, horticole et dans d’autres secteurs. Une manière de rappeler que l’APE ne se résume pas à une bataille de droits de douane : il touche aussi à la capacité du pays à produire, transformer et vendre davantage.

Reste désormais à faire passer le partenariat de la déclaration à l’exécution. Les investisseurs ne regardent pas uniquement les accords signés ou les possibilités offertes par les marchés. Ils observent les infrastructures, la fiscalité, la disponibilité de l’énergie, les délais administratifs, la sécurité juridique et la capacité des entreprises locales à accéder au financement. Sur chacun de ces terrains, la facilitation des investissements devient un sujet aussi important que l’ouverture commerciale. L’enjeu est d’autant plus stratégique que le marché camerounais constitue une porte d’entrée vers un espace régional plus vaste.

Emplois

 C’est finalement le même fil qui relie les deux rencontres : celui de la valeur créée au Cameroun. Dans les forêts comme dans le commerce, le partenariat UE-Cameroun cherche à articuler protection des ressources, développement économique et emploi. La biodiversité ne peut être durablement préservée si les populations riveraines n’en perçoivent pas les retombées ; de même, l’ouverture commerciale reste limitée si elle ne favorise pas suffisamment la transformation locale. Le véritable test sera donc moins celui des intentions que celui des résultats : entreprises créées, investissements réalisés, emplois générés et produits camerounais davantage valorisés. À Yaoundé, Bruxelles semble vouloir écrire ce nouveau chapitre. Il reste maintenant à faire en sorte que les promesses, elles aussi, prennent racine.

Ongoung Zong Bella

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