SNH-Perenco : un nouveau visage au cœur d’une vieille alliance
À Yaoundé, le 17 septembre, la Société nationale des hydrocarbures a reçu la délégation de Perenco conduite par son CEO, Armel Simondin. Au cœur de cette rencontre : la présentation de Julien Gras, nouveau directeur général des filiales camerounaises du groupe.

Reçu au nom de l’Administrateur-Directeur général de la Société nationale des hydrocarbures (SNH) par le Conseiller n°2, Nathalie Moudiki, le dirigeant revient sur une terre qu’il connaît déjà. Entre 2013 et 2014, il y avait débuté son parcours chez Perenco. Près de quatorze ans plus tard, il revient avec une expérience internationale et les clés d’un portefeuille pétrolier et gazier stratégique.
Derrière cette cérémonie de présentation se joue une histoire industrielle beaucoup plus longue. SNH et Perenco revendiquent un partenariat de trois décennies, notamment dans le bassin du Rio del Rey. Une relation qui dépasse les changements de dirigeants et les cycles du marché. L’opérateur privé apporte ses capacités techniques et financières ; la compagnie nationale porte les intérêts de l’État dans la valorisation des ressources. Cette mécanique à deux visages constitue l’une des relations structurantes du secteur camerounais des hydrocarbures. Le 17 septembre 2026, les deux partenaires ont réaffirmé leur volonté de poursuivre cette coopération, avec notamment les futurs projets gaziers au menu des discussions.
Continuité
Julien Gras succède à Yves Postec, dont le management et le leadership ont été salués lors de l’audience. Le nouveau dirigeant connaît déjà les rouages du groupe et les réalités camerounaises. Après son passage au Cameroun, il a exercé plusieurs responsabilités au Venezuela, en Colombie, au Gabon, à Londres puis au Mexique, où il dirigeait la filiale de Perenco avant son retour à Yaoundé. Cette trajectoire internationale intervient dans un contexte où les actifs matures doivent continuer à produire tandis que l’exploration et le renouvellement des réserves deviennent des préoccupations centrales. En 2023, les opérations de Perenco représentaient environ 71 % de la production camerounaise de pétrole et de condensats, selon les données rapportées par la presse locale.
Cap
Le changement de dirigeant prend ainsi les airs d’un nouveau chapitre plutôt que d’une rupture. Pour la SNH et Perenco, la prochaine séquence se joue autant sous les eaux du Rio del Rey que dans les bureaux où se négocient investissements, contrats et projets gaziers. Perenco affirme avoir investi plus de 1,5 milliard de dollars au Cameroun depuis 2012 aux côtés de la SNH et avoir ajouté plus de 240 millions de barils aux réserves. La valorisation du gaz demeure, elle, suspendue à la finalisation du cadre contractuel. Julien Gras arrive donc à un moment où le partenariat doit conjuguer production, renouvellement des ressources et nouvelles ambitions gazières. À Yaoundé, les hommes changent. Dans les profondeurs, l’alliance, elle, poursuit son forage. À Yaoundé, l’arrivée de Julien Gras à la tête de Perenco Cameroun ouvre une nouvelle séquence pour un partenariat stratégique qui pèse sur la production, les investissements et la valorisation des ressources pétrolières et gazières, au cœur des enjeux de revenus et de souveraineté énergétique du Cameroun.
Ressources
Le décor industriel donne une résonance particulière à cette nouvelle séquence. Les travaux conduits par Perenco et la SNH dans le Rio del Rey sur les structures Kita et Bokwango ont mis en évidence plus de 30 millions de barils d’huile et plus de 40 milliards de pieds cubes de gaz, selon les informations communiquées à l’occasion de cette rencontre. Perenco a également annoncé 31 millions de barils et 25 milliards de pieds cubes de gaz en place pour Bokwango. Ces volumes restent toutefois à distinguer des réserves effectivement récupérables : leur valorisation dépendra des travaux d’appréciation, des conditions techniques et du cadre contractuel. Le nouveau patron de Perenco Cameroun hérite donc d’un sous-sol qui continue de livrer ses secrets, mais aussi d’une équation industrielle exigeante.
Rémy Biniou



