Énergie : l’Afrique centrale veut accorder ses réseaux

À Bujumbura, du 23 au 25 septembre, la CEEAC tente de franchir un cap : faire de l’intégration énergétique l’un des leviers concrets de l’intégration régionale.

L’atelier consacré à l’état des lieux du secteur à l’horizon 2035 ne se limite donc pas à inventorier les ressources ou les déficits. Il s’agit de déterminer comment mieux faire circuler l’électricité entre les États, mutualiser les capacités de production et accélérer les investissements dans les infrastructures régionales. Hydroélectricité, solaire, biomasse, hydrocarbures et autres ressources primaires sont examinés sous l’angle de leur valorisation régionale. Le diagnostic porte également sur les réseaux, les cadres réglementaires, les mécanismes de financement et la gouvernance. Car l’Afrique centrale ne manque pas seulement de kilowattheures : elle manque surtout de connexions capables de transformer des potentiels nationaux dispersés en un système énergétique régional plus intégré.
Interconnexion
La CEEAC veut ainsi donner davantage de cohérence aux initiatives déjà portées par ses institutions spécialisées, notamment le PEAC, le CEREEAC, la CORREAC et la CEPGL/EGL. L’objectif est d’harmoniser les règles, développer les interconnexions électriques et faciliter les échanges d’énergie entre pays. Les discussions menées avec les autorités burundaises et la BAD ont précisément mis en avant cette nécessité, avec l’accès universel à l’électricité et le renforcement des partenariats financiers comme autres priorités. À l’horizon 2035, l’enjeu sera donc moins de juxtaposer des politiques énergétiques nationales que de construire un véritable marché régional de l’énergie. Une ambition qui suppose des réseaux transfrontaliers, des règles compatibles, des investissements lourds et une coopération durable. À Bujumbura, la CEEAC cherche ainsi à passer d’une logique de ressources nationales à celle d’un courant commun : produire là où le potentiel existe, transporter là où le besoin se trouve et faire de l’électricité un moteur tangible de l’intégration économique.
Ongoung Zong Bella



