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CEMAC : les Trésors en réseau pour un marché plus prospère

Synergie
À Malabo, les États ne veulent plus regarder leur marché des titres publics chacun depuis son propre balcon. Du 14 au 17 septembre 2026, les Trésors publics de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (Cemac) ont placé la coopération au cœur de leur 17ᵉ session du cadre permanent de concertation. Objectif : rendre plus profond, plus liquide et surtout plus attractif un marché appelé à jouer un rôle croissant dans le financement des économies de la sous-région. Autour de la table : les administrations du Trésor, les institutions financières, les régulateurs, notamment la Commission bancaire de l’Afrique centrale (Cobac) et la Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale (Cosumaf), mais aussi les spécialistes en valeurs du Trésor (SVT), les sociétés de bourse et les gestionnaires d’organismes de placement collectif. Cette diversité d’acteurs traduit une conviction : aucun compartiment ne peut, à lui seul, porter l’ambition d’un marché régional plus performant.

Mobilisation
La concertation entend ainsi dépasser le simple diagnostic pour agir sur les principaux ressorts de l’offre et de la demande. Premier chantier : élargir la base des investisseurs en mobilisant davantage les institutionnels, les particuliers, la diaspora et les investisseurs internationaux. La communication et l’éducation financière doivent également contribuer à rendre les produits du marché plus lisibles et plus accessibles. Une stratégie régionale de communication est envisagée pour améliorer la visibilité de la place financière de la Cemac auprès des investisseurs non-résidents. Autre priorité : moderniser et dynamiser le marché secondaire afin de faciliter les échanges de titres après leur émission. À terme, cette mécanique doit permettre aux États de mieux maîtriser leurs coûts de financement tout en donnant aux investisseurs davantage de possibilités de gestion de leurs portefeuilles. La synergie recherchée n’est donc pas institutionnelle seulement : elle doit produire des effets concrets sur la circulation de l’épargne et le financement des budgets publics.

Convergence
Cette dynamique prolonge les travaux de la 16ᵉ session, tenue à Malabo du 10 au 12 juin 2026. Les participants avaient alors déjà placé au centre des débats l’amélioration des mécanismes de financement des États, l’attractivité du marché régional, sa promotion auprès des investisseurs et le renforcement des compétences des professionnels. Quatre mois plus tard, le message s’affine : la performance du marché des valeurs du Trésor dépendra autant de la qualité des instruments que de la coordination de ceux qui les encadrent, les émettent, les distribuent et les achètent. La Cemac cherche également à inscrire ce marché dans le financement durable des plans nationaux de développement. Derrière cette ambition se dessine donc une nouvelle architecture de coopération financière : des Trésors mieux coordonnés, des régulateurs davantage associés et des intermédiaires mobilisés autour d’un même enjeu. Pour les États, il s’agit de diversifier leurs sources de financement. Pour le marché, de gagner en profondeur. Pour la sous-région, de transformer une addition de places nationales en véritable marché régional.

Bobo Ousmanou

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