Au Parlement : le projet de loi anti-féminicides attendu
Les pouvoirs publics sous la conduite de Marie Thérèse Abena Ondoa Minproff entendent tordre le cou à ces atrocités qui ôtent les vies des femmes.

La Session parlementaire de novembre 2026 sera scrutée par les femmes, la société civile, les associations qui défendent les droits des femmes et les défenseurs des droits de l’homme. Car un nouveau projet de loi sur la pénalisation de féminicides sera sur la table des députés. « Le Code pénal sanctionne le meurtre, je suis d’accord qu’il faut renforcer davantage la protection des victimes et des survivants, c’est dans ce sens que le projet de loi a été initié, il remonte à un certain nombre d’années. Mais nous avons déjà avancé pour espérer que ce projet de loi arrive sur la table du Parlement lors de la session de novembre », rassure Marie Thérèse Abena Ondoa, ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille (Minproff) sur les ondes du poste national le 14-09-2026. L’urgence de pénaliser les féminicides est un impératif catégorique. Car les chiffres enregistrés ces derniers mois d’août dernier font froid au dos. Plus de 70 victimes depuis la nouvelle année. L’actualité au Cameroun est rouge, car chaque jour les femmes perdent les vies. Toujours au mois d’août dernier huit femmes ont trépassé sous les coups de la violence. Les crimes sont divers, il y a ceux qu’on enregistre dans les foyers (violence conjugale), les meurtres dans les hôtels, les crimes rituels, la liste est bien longue. Au-delà des dénonciations et des sensibilisations des pouvoirs publics, les chiffres flambent. En 2026, le pays totalise 70 cas, 77 cas en 2025 et en 2024.
Les attentes
Selon plusieurs associations, la persistance des violences sur les femmes s’explique notamment par les normes patriarcales, les difficultés économiques qui engendrent les frustrations, la consommation d’alcool ou des drogues et surtout le sentiment d’impunité. « Chaque fois, on privilégie un arrangement à l’amiable, et le lendemain, un autre crime se reproduit ». Jusqu’à ce jour le cadre juridique est au centre des débats. Le Code pénal camerounais ne définit pas actuellement et clairement les féminicides comme une infraction spécifique : les meurtres de femmes sont poursuivis sous les qualifications générales de meurtre ou d’assassinat. Selon une association, une définition légale du féminicide permettrait d’harmoniser les pratiques judiciaires et de mieux prendre en compte le contexte des violences conjugales. Elle se réjouit de l’annonce du Minproff qui fait mention de ce que le projet de loi préparé depuis plusieurs années avait obtenu un consensus et devrait être soumis au Parlement lors de la session de novembre. En attendant ce nouveau Code pénal les Camerounais dans leur immense majorité continuent de demander que les procédures judiciaires aboutissent, l’exigence tient en quelques mots « que justice soit rendue ». D’ici novembre ou décembre 2026, les bourreaux des femmes devront bien se tenir, car la loi sera bien dure et très dure. L’on espère qu’après adoption et promulgation, elle sera appliquée en toute impartialité et neutralité sans distinction de classe sociale, de tribu, de religion, avec pour dessein de sauver et de protéger la mère de l’humanité.
Olivier Mbessité



