Bassin du Congo : la recherche prend racine

Dans le Bassin du Congo, la forêt ne se résume plus à ses essences de bois.

Elle devient aussi un terrain d’investissement où la donnée scientifique peut peser sur la valeur des ressources, le choix des zones d’exploitation et la stratégie des entreprises. Réunis à Douala du 23 au 25 septembre, une centaine de chercheurs du Cameroun, du Congo, de la RDC, de la RCA, du Burundi, du Tchad et du Gabon ont cherché à rapprocher science et économie. L’objectif : produire des connaissances directement utiles à la gestion et à la valorisation des écosystèmes forestiers. Pour Richard Sufo Kankeu, coordonnateur de RESSAC à Land scape Alliance, le secteur privé est un « consommateur majeur de la recherche ». L’exemple de la RDC illustre cette logique : l’étude de la qualité du bois permet d’identifier les zones offrant les caractéristiques recherchées par les industriels et les acheteurs. La recherche devient alors une boussole pour l’investissement, capable de réduire l’incertitude et d’améliorer la connaissance du marché.
Rendement
Cette rencontre pose une question plus large : comment transformer le potentiel forestier du Bassin du Congo en valeur économique durable ? Pour les chercheurs, la réponse passe par davantage de données, de coopération et de dialogue avec les entreprises. Il s’agit notamment de mieux comprendre les ressources disponibles, les besoins des marchés et les conséquences économiques et sociales de leur exploitation. Patrick Jagoret, directeur régional du CIRAD pour l’Afrique centrale, relève cependant un déficit de travaux scientifiques consacrés aux forêts de la région par rapport à l’Amérique du Sud ou à l’Asie. Le retard est donc aussi économique : sans connaissance suffisamment fine des ressources, difficile de sécuriser les décisions, d’orienter les capitaux ou de développer de nouvelles chaînes de valeur. Les journées de Douala veulent ainsi contribuer à structurer un réseau régional de chercheurs et à rendre leurs travaux plus accessibles aux acteurs économiques. Dans le Bassin du Congo, le prochain gisement à exploiter pourrait aussi être celui de la connaissance.
Remy . Biniou.



