Ports de la CEMAC : sécuriser pour commercer

À première vue, les quatre jours de travaux achevés le 25 septembre à Libreville avaient tout du rendez-vous technique : experts, administrations maritimes, inspections et recommandations.

Pourtant, derrière les sigles du Mémorandum d’entente d’Abuja, un enjeu très concret se dessine pour la CEMAC : sécuriser les portes d’entrée du commerce régional.
Réunis pour la 16ᵉ réunion du Comité de contrôle des navires par l’État du port et la 6ᵉ Conférence ministérielle du Mémorandum, les représentants des États membres ont notamment travaillé sur la sécurité de la navigation, les capacités d’inspection et la protection du milieu marin. Rien de très spectaculaire. Mais dans une région où pétrole, bois, minerais, produits agricoles et marchandises importées transitent largement par voie maritime, le moindre grain de sable peut vite devenir une facture.
Inspecteurs
Le rendez-vous de Libreville a surtout placé le facteur humain au premier plan. Formation, fidélisation et renforcement des compétences des inspecteurs doivent guider les prochaines années. « Des orientations ont été formulées sur la formation et la fidélisation de nos inspecteurs », a souligné Frédérique Avome Angue Oliveira, directrice générale de la Marine marchande gabonaise.
Ces agents occupent pourtant une position stratégique. Ils contrôlent les navires, vérifient leurs équipements et peuvent contribuer à prévenir accidents, pollutions et immobilisations. Autrement dit, leur travail se situe à la frontière entre sécurité maritime et efficacité économique.
Facture
Pour les économies de la CEMAC, cela dépasse donc la seule conformité aux normes internationales. Un accident, une pollution ou un navire immobilisé peuvent perturber une chaîne logistique et renchérir les coûts. Encore faut-il que les administrations disposent des compétences et des moyens nécessaires. « Ces orientations n’auront de sens » que si elles débouchent sur des administrations mieux outillées, a prévenu la responsable gabonaise.
Pour le ministre gabonais des Frontières, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, il est urgent d’harmoniser les procédures entre États du port et États du pavillon. Une nécessité pour une sous-région où les marchandises circulent plus facilement que les procédures administratives.
À l’horizon 2030, le succès des engagements de Libreville se jugera donc dans les ports. À Douala, Kribi, Libreville et ailleurs, il faudra transformer les recommandations en contrôles efficaces, coordonnés et prévisibles. Sécuriser les navires, c’est aussi protéger les échanges et renforcer la compétitivité des ports de la CEMAC.
Rémy. Biniou.



