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BOKO HARAM : l’État muscle sa riposte et rassure les populations

Alors que la menace terroriste connaît un regain d’activité dans plusieurs départements de l’Extrême-Nord, les autorités camerounaises ont engagé une réponse sécuritaire, humanitaire et communautaire de grande ampleur.

Dans les localités frontalières du Logone-et-Chari, du Mayo-Sava et du Mayo-Tsanaga, les populations vivent à nouveau au rythme des alertes sécuritaires. Depuis septembre 2026, les incursions attribuées à Boko Haram et à ses différentes factions provoquent des déplacements massifs de populations et replongent plusieurs villages dans l’incertitude.
À Waza, des familles entières trouvent refuge dans des sites d’accueil improvisés. « Nous avons quitté notre village en pleine nuit après des coups de feu. Nous avons abandonné nos champs et nos biens pour sauver nos enfants », raconte Amina une déplacée interne.

Dans les structures sanitaires de la région, les conséquences de cette résurgence sont visibles. À Mora, un responsable médical souligne que l’établissement continue de prendre en charge des victimes des violences. « Les blessés arrivent régulièrement avec des traumatismes graves. La pression reste importante sur nos équipes et nos ressources », confie-t-il.

Puissance du dispositif militaire
Face à cette situation, l’État décide de renforcer considérablement sa présence sécuritaire dans les villages frontaliers affectés. Le BIR constitue l’une des principales mesures forces engagée pour la riposte. Cette composante de l’armée camerounaise permet de densifier le maillage sécuritaire dans les zones les plus exposées du Mayo-Sava, Mayo-Tsanaga et du Logone-et-Chari.
Le déploiement prochain du Bataillon amphibie et la construction d’une nouvelle caserne à Waza s’inscrivent dans la même logique. Pour les autorités, il s’agit d’adapter les moyens opérationnels à l’évolution de la menace, notamment dans les zones marécageuses et difficiles d’accès qui servent souvent de refuge aux combattants.

Politique de proximité
Au-delà de la réponse militaire, le gouvernement mise également sur la proximité avec les populations affectées. Lors d’une mission conjointe à Maroua et Waza, les ministres en charge de la Défense et de l’Administration territoriale procèdent à une évaluation de la situation et à la distribution d’une assistance d’urgence à plusieurs familles déplacées.
Dans les camps de réfugiés, les opérations d’assistance visent à répondre aux besoins immédiats des ménages les plus vulnérables. Vivres, produits de première nécessité et accompagnement sanitaire figurent parmi les priorités identifiées.
Sur le terrain, la lutte contre Boko Haram ne repose pas uniquement sur les forces régulières. Les comités de vigilance continuent de jouer un rôle central dans la collecte d’informations et l’alerte précoce. Abba Malla, agent du comité de vigilance d’Amchidé, joint au téléphone, affirme que la collaboration avec les forces de défense s’est intensifiée. « Nous connaissons le terrain, les villages et les mouvements inhabituels. Cette coopération permet souvent d’anticiper certaines menaces » explique-t-il. Toutefois, ces volontaires réclament davantage de moyens. « Nous sommes engagés pour protéger nos communautés, mais nous avons besoin d’équipements, de formations et d’une meilleure prise en charge », plaide-t-il.

Pour une réinsertion optimale
Pour de nombreux observateurs, la sécurisation durable de l’Extrême-Nord ne pourra pas reposer uniquement sur les opérations militaires. Le retour des déplacés, la reprise des activités agricoles, l’emploi des jeunes et l’accès aux services sociaux de base constituent également des enjeux majeurs. « La sécurité est indispensable mais elle doit être accompagnée par le développement. Les populations ont besoin de retrouver une vie normale et des perspectives d’avenir », résume Dalhadam Zougoudam, enseignant à Afadé. Une chose est certaine : la mobilisation engagée par les autorités traduit une volonté de contenir rapidement cette résurgence. Mais

la véritable victoire se mesurera dans les mois à venir. Elle se mesurera à la capacité du Cameroun à rétablir durablement la confiance dans les zones frontalières et à empêcher que la menace terroriste ne retrouve le terrain perdu ces dernières années.

Tom

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