CEEAC-UNOCA : prévenir les conflits, renforcer les liens

À Libreville, les 7 et 8 octobre, la diplomatie régionale a sorti ses dossiers pour tenter de garder la paix à portée de main.

La Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) et le Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA) ont ouvert une retraite conjointe consacrée à la prévention des conflits et aux nouvelles menaces sécuritaires. Derrière les déclarations de bonnes intentions, un défi bien concret : mieux anticiper les crises avant qu’elles ne débordent les frontières. Le président de la Commission de la CEEAC, l’ambassadeur Ezéchiel Nibigira, a rappelé la multiplication des foyers de tension, de la Libye au Soudan, en passant par le Soudan du Sud et l’Éthiopie. À cette instabilité s’ajoutent les tensions persistantes entre la République démocratique du Congo et le Rwanda, ainsi que la fermeture des frontières terrestres entre le Burundi et son voisin rwandais. Dans une région exposée aux répercussions de ces crises, l’alerte est donnée : la paix ne se décrète pas, elle se prépare.
Encore faut-il transformer les discours en résultats. C’est précisément l’objectif de cette rencontre, placée sous le signe d’un partenariat renouvelé entre les deux institutions. Pour El-Amine Souef, représentant spécial de l’UNOCA, il s’agit de « mieux nous comprendre, mieux nous coordonner et mieux agir ensemble ». Une formule qui résume l’enjeu : harmoniser les initiatives, renforcer les mécanismes d’alerte et améliorer la réponse collective aux menaces émergentes. Facilitateur de la retraite, l’ancien ministre tchadien des Affaires étrangères Anadif Mahamat Sale appelle à consolider les acquis tout en préparant l’avenir. Mais, dans une région où les crises ignorent les frontières, la coopération devra dépasser les réunions et les communiqués. La confiance entre institutions, le partage d’informations et la capacité à agir rapidement seront déterminants. L’ambition affichée est celle d’une Afrique centrale plus stable, inclusive et résiliente. Reste à donner corps à cette promesse : entre la prévention annoncée et les conflits qui couvent, le chemin de la paix exige davantage que des mots.
Jean-René Meva’a Amougou



