1ere conférence des familles Mbog Liaa : l’histoire s’écrit sur du marbre à Pouma
Lesdites assises constituent une conformité aux textes fondateurs du Mbog Liaa, l’association faitière des grandes familles du peuple de la grotte.

Cinquante. C’est le nombre de familles représentées à Pouma le 25 septembre 2026, à l’occasion de la toute première conférence des familles Bassa-Bati-Mpo’o. Lequel évènement pose les jalons des rencontres pérennes des fils de la grotte Ngog Lituba. « Depuis 30 ans que Mbog Liaa existe, nous ne sommes pas encore arrivés là où nous avions convenu d’aller. Ces rencontres nous permettront de réaliser ce que nos parents avaient pensé : que les familles s’unissent qu’elles se tiennent la main pour avancer. C’est ce que nous sommes venus faire », a d’entrée de jeu souligné Mbombok Malet Ma Njami Mal Njam, président de Mbog Liaa.
C’est tout dire sur l’orientation que prennent les conférences des familles Bassa-Bati-Mpo’o dont la première édition a porté sur la prise de connaissance, la construction du dialogue et les modalités de pratique de cette grand-messe. Pour semer la graine de la reconstruction communautaire, des délégations ont fait le déplacement des différents coins de la Sanaga maritime, du Nkam, du Wouri et du Nyong-Ekelle; pour représenter les familles et sous familles Adiè, Ndog Baken, Log Babem, Ndog Mbea, Nlog Maba, Ndog Mbog, Ndog Tindi, entre autres. Le mouvement devrait s’élargir, dès les prochaines assises, des communautés venant du département de l’Océan et de la région du Sud-Ouest, excusées pour ces premières assises. « C’est une conférence fondatrice, c’est la première du genre et pas seulement dans le pays Bassa. Jamais convocation du genre n’a été faite à l’ensemble des familles d’un peuple à se retrouver pour fraterniser, magnifier leur patrimoine et d’échanger pour le développement. Vous avez vu qu’il y a des motifs, des accents, des provenances géographiques, des traits spécifiques, des nuances dans les cultures qui sont ici. C’est cet arc-en-ciel qu’on est en train de construire. Le peuple qui est immense et qui est étendu sur quatre régions du Cameroun a besoin de ces repères, il a besoin de se retrouver et ce sont ces conditions que nous sommes en train de réunir », souligne le guide spirituel du peuple Bassa.
Conformité aux textes fondateurs
Mbog Liaa, l’association culturelle faitière du peuple Bassa, se met ainsi en conformité avec la vision initiale d’une unité des fils et filles Bassa. Laquelle tourne autour de l’union des familles. « L’Association culturelle Mbog Liaa qui est née il y a 30 ans s’est baptisée elle –même « Mbog Liaa Adna maten », c’est-à-dire l’union, la fédération, la rencontre des familles. C’est-à-dire que l’originalité toute particulière de notre association est que seule Mbog liaa peut dire à un Bassa du Nkam ou de la Sanaga maritime ou même de l’océan que mais rappelez-vous que vous êtes un seul et ramenez chacun d’eux à l’ancêtre commun. Quand on sait qu’on est réellement frères et sœurs, je peux me quereller avec eux, comme on se chamaillera toujours, mais nous sommes inscrits dans le même destin. Nous sommes distraits aujourd’hui par beaucoup d’offres. Les offres politiques, religieuses, professionnelles, géographiques, etc, qui nous bouffent du temps et de l’énergie et qui ne nous permettent pas d’être si souvent ensemble. Mbog Liaa prend ses responsabilités en main. Un être humain c’est une famille ; la rencontre des familles c’est un peuple ; la vitalité de ce peuple c’est un gain pour une nation », souligne Mbombok Malet Ma Njami Mal Njam.
Dynamique autour du Mbog liaa 2026
La rencontre de Pouma a également permis de donner le ton de la 7e édition du Festival Mbog Liaa. Cet évènement culturel se tiendra dans la localité de Pouma du 20 au 28 novembre 2026. Il sera marqué d’une forte mobilisation des familles, selon les résolutions issues des travaux du 25 septembre.
« A la dernière édition, les journées étaient thématiques. On a travaillé autour du développement, de la langue, de la famille, de la diaspora et du Mbog lui-même. Cette année les pôles seront plus concentrés. Nous allons travailler sur l’excellence. L’excellence sera magnifiée dans tout le travail qui se passe en pays Bassa-Bati-Mpo’o aujourd’hui, avec les universités qui se développent. Le pays Bassa est un grand pourvoyeur d’intellectuels et d’intelligence, il faut que cette tradition-là soit confortée pour qu’on aille de l’avant. Il y’a aussi le pôle de la spiritualité. Comment trouver un fil conducteur avec toutes les distractions auxquelles nous sommes soumis aujourd’hui. Il faut qu’on trouve le lien avec Ngog Lituba. L’économie demeure un axe important », conclut le président du Mbog Liaa. L’édition 2026 à venir s’articulera autour du thème « Hemlè (foi) ».
Louise Nsana
Ils ont dit
« L’homme Bassa est un Camerounais comme tous les autres »
Sa Majesté Bitjoka Nguidjol, chef du village SakBayemi II

Je représente la famille Log Ndok, l’une des sous familles Log Bague. C’est une grande famille et je ne pouvais pas déplacer tout le monde. Néanmoins les assises d’aujourd’hui, c’est bien une première fois que les chefs assistent à pareil évènement. Je suis vraiment très content. Ces assises nous ont fait
comprendre qu’on est des hommes et que l’homme Bassa est Camerounais comme tout le reste. C’est le seul peuple qui était encore derrière. Nous allons maintenant voir ce doit être corrigé pour changer les choses. Pour le moment, le travail a été bien fait et la réunion s’est bien déroulée. Dans les jours à venir, nous allons multiplier les efforts pour être plus représentatifs de notre grande famille.
« Le président et le secrétaire général ont su nous canaliser »
Tom Maket, représentant de la famille NdogBa de Yabassi

Je suis NdogBa de Yabassi mais il y a aussi des NdogBa à Douala. Ils sont appelés les Ndogpati. Nous sommes partis de là pour nous installer à Yabassi. Je suis le président de Mbog Liaa, secteur du Nkam. Dans le Nkam, il y a trois enfants qui viennent de la grotte : les Bassa qu’on appelle communément les Bassa de Yabassi ; les Mbang qui sont les frères des Bakoko; Les Dibong qui constituent le mélange des deux. Tous les autres proviennent des liens de mariage. A ma grande surprise, les choses se sont bien déroulées parce que comme c’était la première réunion des Maten (familles, clans ou associations, traduction littérale, Ndlr), moi j’avais des appréhensions. Il faut dire que le président et le secrétaire général adjoint ont su nous canaliser. Nous sommes partis sur six points et nous sommes arrivés là où nous le voulions. A la fin, ils nous ont remis les statuts et règlements intérieurs de Mbog liaa que les familles vont étudier en tant que membre de Mbog Liaa.
« Moi j’appelle tout le monde à rester dans un esprit de cohésion »
Mbombok Mpondo Pallawoh

Nous sommes venus du Wouri au nombre de douze. Ceci est une bonne convocation pour le pays, pour l’honneur et l’amour que nous les Bassa avons pour ce Cameroun. Moi j’appelle tout le monde à rester dans un esprit de cohésion ; parce que lorsque je suis né, j’ai trouvé que nos aïeuls avaient donné ce territoire qu’on appelle aujourd’hui Douala aux étrangers. L’amour régnait. On appelait toute la contrée Bassa, depuis les eaux du Wouri jusqu’à arriver au Fako. L’attente doit régner. Quand vous entendez que nos parents avaient lutté pour la liberté du Cameroun ; la liberté des enfants Bassa. C’est cela qui maintient ce pays le Cameroun. Mais lorsqu’est venu le partage du gâteau national, on nous a oublié. Le Bassa qui était le premier est rentré en arrière. Il faut qu’on remette les choses en ordre. Quel que soit les circonstances, les Bassa vont ramener leur pays le Cameroun. C’est la parole que Oum Nyobe avait laissée. Cela sera. Je pense donc pour cette fête qui arrive, que Ilolombi déverse davantage ses bénédictions. Qu’il fasse que s’il n’y avait pas d’entente, d’amour ou de paix, qu’il y’en ait.



