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Gouvernance des hydrocarbures : deux avocats autour du noyau SNH

Me Henri Ndjoh Manga Bell plaide contre Me Akere Muna au sujet de la Société Nationale des Hydrocarbures.

Me Henri Ndjoh Manga Bell Me Akeré Muna

Au Cameroun, où les questions pétrolières croisent souvent les débats sur la gouvernance, un échange public anime depuis quelques jours le monde de la société civile. Le 5 mars, l’avocat et militant anticorruption Akere T. Muna a exprimé des inquiétudes concernant la collaboration engagée entre Transparency International Cameroon (TI-C) et la Société Nationale des Hydrocarbures (SNH). Selon lui, ce rapprochement pourrait soulever des interrogations quant à l’indépendance de l’organisation de lutte contre la corruption.

Figure bien connue de la gouvernance publique et ancien président de TI-C, Akere T. Muna a rappelé que l’ONG devait préserver sa liberté d’analyse et sa capacité de critique, notamment vis-à-vis des institutions publiques. Ses propos, rapidement relayés sur les réseaux sociaux et dans plusieurs cercles d’observateurs, ont suscité un débat sur la manière dont les organisations de la société civile peuvent coopérer avec les entreprises publiques sans compromettre leur crédibilité.

Face à ces préoccupations, le président actuel de TI-C, Henri Ndjoh Manga Bell, a publié le 9 mars un communiqué destiné à clarifier la nature de cette collaboration. Dans ce document, il souligne que la relation engagée avec la SNH demeure strictement technique et qu’elle vise essentiellement à promouvoir la transparence et les bonnes pratiques de gouvernance.

Selon lui, il n’est nullement question pour l’organisation de renoncer à son indépendance ou de devenir un relais institutionnel de la société pétrolière nationale. L’objectif de cette coopération consiste plutôt à renforcer certains mécanismes internes, notamment en matière de prévention de la corruption, de gouvernance et de publication d’informations financières.

Cette démarche s’inscrit, précise l’ONG, dans le respect des standards internationaux promus par l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE), qui encourage la divulgation des données relatives à la gestion des ressources naturelles. Pour TI-C, contribuer à l’amélioration de la transparence dans le secteur pétrolier constitue un levier important pour renforcer la confiance du public et favoriser une gestion plus responsable des ressources nationales.

Pour rappel, une rencontre technique entre TI-C et la SNH s’est tenue à la fin du mois de février à Yaoundé. Les échanges ont porté notamment sur les audits internes, les mécanismes de lutte contre la corruption et les modalités de publication de certaines données financières.
Au-delà de cet épisode, la controverse met en lumière un dilemme récurrent pour les organisations de la société civile. Pour être efficaces, elles doivent parfois dialoguer avec les institutions publiques et les entreprises d’État. Mais elles doivent également préserver une distance critique afin de maintenir leur crédibilité et leur capacité d’alerte.

Entre vigilance et coopération, l’équilibre reste donc délicat. Si Transparency International Cameroon parvient à maintenir cette ligne de crête, la transparence dans la gestion du secteur pétrolier pourrait en sortir renforcée. Et les citoyens camerounais, souvent attentifs à la gestion des ressources naturelles, pourraient y gagner un peu plus de visibilité sur l’utilisation de richesses qui concernent l’ensemble de la nation.

Jean-René Meva’a Amougou

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