Mohamed El-Amine Souef, le profil choisi pour tenir la ligne de l’ONU en Afrique centrale

A New York, les couloirs feutrés des Nations unies continuent de redistribuer les cartes africaines.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a nommé le diplomate comorien Mohamed El-Amine Souef au poste de représentant spécial pour l’Afrique centrale et chef du Bureau régional des Nations unies pour l’Afrique centrale (UNOCA), basé à Libreville. Une désignation qui intervient alors que la sous-région traverse une zone de fortes turbulences politiques et sécuritaires.
De l’interminable crise dans l’Est de la RDC aux transitions militaires qui bousculent les équilibres institutionnels, en passant par les inquiétudes persistantes dans le golfe de Guinée, le nouveau patron de l’UNOCA arrive sur un terrain particulièrement inflammable. A cela s’ajoutent les rivalités diplomatiques entre puissances étrangères, désormais très visibles dans plusieurs capitales d’Afrique centrale.
Mohamed El-Amine Souef n’est toutefois pas un novice. Ancien ministre des Affaires étrangères des Comores, il a longtemps fréquenté les négociations sensibles du continent. Le diplomate avait notamment dirigé la mission de l’Union africaine en Somalie, à l’époque où Mogadiscio tentait encore de contenir l’expansion des groupes djihadistes. Son profil, mélange de discrétion et d’expérience sécuritaire, semble avoir pesé dans le choix du secrétaire général.
A Libreville, la feuille de route s’annonce dense : Entre médiations discrètes et prévention des crises, la marge de manœuvre reste pourtant étroite. Dans cette région habituée aux accords fragiles et aux paix sous perfusion, chaque nomination ressemble désormais à un pari diplomatique : maintenir le dialogue avec les Etats, renforcer la coopération avec les organisations sous régionales et tenter de préserver une présence onusienne crédible dans une région où les institutions internationales peinent de plus en plus à imposer leur médiation. Mohamed El-Amine Souef succède au Gabonais Parfait Onanga-Anyanga, qui assurait l’intérim depuis février après le départ du Nigérien Abdou Abarry.
R.B.



