Inscription universitaire : la France augmente les coûts pour les immigrés
Un décret du gouvernement français publié mercredi, 20 mai 2026, rend effectifs les droits d’inscription différenciés pour les natifs d’autres continents. La mesure, qui prend effet dès la rentrée prochaine inquiète les familles et les étudiants camerounais.

La France a tranché. Par décret n°2026-385, signé le 19 mai et publié au Journal Officiel le 20 mai 2026, Paris met fin aux exonérations massives accordées jusqu’ici par les universités. Dès septembre 2026, les étudiants ressortissants de pays hors Union européenne devront s’acquitter de 2 895 euros par an pour une licence, contre 178 euros actuellement. En master, la facture passe de 254 euros à 3 941 euros par an.
Ces tarifs majorés existent depuis 2019, sans une application réelle: près de 90% des étudiants concernés bénéficiaient jusqu’ici d’une dispense accordée par leur établissement d’accueil. Le décret du 20 mai plafonne désormais ces exonérations à 30% des étudiants extracommunautaires à la rentrée 2026, à 25% en 2027, puis à 20% à partir de septembre 2028.
Le ministre de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, inscrit cette décision dans le cadre du plan « Choose France For Higher Education », annoncé le 20 avril dernier avec pour objectif de faire appliquer strictement les droits différenciés pour rééquilibrer les budgets universitaires, les droits d’inscription ne représentant aujourd’hui que 3% des recettes des établissements.
Les étudiants africains en première ligne
La mesure concerne au premier chef le continent africain. Les étudiants africains représentent plus de la moitié des étudiants internationaux en France. Au Cameroun, où la France reste la première destination d’études à l’étranger, la nouvelle suscite de vives préoccupations. Un étudiant venu de Douala, Yaoundé ou Bafoussam devra désormais débourser l’équivalent de près de 1,9 million de FCFA par an pour une licence, contre 117 000 FCFA auparavant. » C’est beaucoup trop. Je vois que le message qu’on nous envoit c’est de garder nos enfants chez nous. Pourtant ce qu’on veut, c’est qu’il aient la meilleure formation possible. Mon fils fait des études de médecine en France. C’était déjà un énorme sacrifice pour moi. Là je ne sais vraiment pas si je vais m’en sortir. On fait tout ce qu’on peut, je ne peux même plus compter mes dettes », déplore à Yaoundé Jacqueline Boumsong, mère de qutatre enfants.
Le décret prévoit toutefois des dispositions transitoires. Les étudiants bénéficiant déjà d’une exonération pour l’année 2025-2026 la conserveront jusqu’au terme de leur cycle universitaire, sous réserve de rester dans le même établissement. Même garantie pour ceux ayant obtenu une exonération pour 2026-2027 avant l’entrée en vigueur du texte, le 21 mai 2026.
Bobo Ousmanou



