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Afrique centrale : Paris tente son retour dans le jeu d’influences

Lors de l’Assemblée générale 2026 du Conseil français des investisseurs en Afrique, présidée par le Conseil français des investisseurs en Afrique, aux côtés d’Étienne Giros et de Stéphen Decam, un message s’est imposé : dans un continent où les rapports de force changent rapidement, l’Afrique centrale redevient un pivot majeur des stratégies d’influence de Paris. Longtemps considérée comme périphérique dans les grandes dynamiques de la mondialisation africaine, la sous-région revient aujourd’hui au centre d’une cartographie où les puissances se redistribuent les cartes sans filet.

Ce glissement n’a rien d’anodin. Il s’inscrit dans une recomposition plus large, marquée par le recul français dans plusieurs zones sahéliennes et par l’intensification d’une concurrence internationale devenue presque brute. Dans les couloirs de cette assemblée, un mot revenait avec insistance, parfois à demi-mot : repositionnement. Pas reconquête assumée, mais réajustement stratégique, comme si la diplomatie économique française avançait désormais à pas comptés sur un terrain où elle n’est plus en terrain acquis.
L’Afrique centrale, elle, n’a pourtant jamais cessé d’être stratégique. Hydrocarbures, minerais critiques, forêts denses, couloirs logistiques encore sous-exploités : la région concentre des ressources devenues centrales dans les chaînes de valeur mondiales. Mais ce potentiel, longtemps abordé sous l’angle de la stabilité relative ou de la continuité historique des relations, est désormais lu à travers le prisme de la compétition. Chine, Russie, Turquie, pays du Golfe : tous avancent leurs pions, chacun avec ses méthodes, ses financements, ses récits.

C’est dans ce contexte que les analyses relayées, notamment par la presse régionale comme l’ADIAC, évoquent un retour d’intérêt français pour cette zone. Un retour qui ne dit pas son nom, mais qui se lit dans la multiplication des initiatives économiques, des forums d’affaires et des discours sur le “partenariat renouvelé”. Une diplomatie économique qui tente de se réinventer sans renier totalement ses héritages.

Mais sur le terrain, la perception reste plus complexe. Les États d’Afrique centrale, eux aussi, ont changé de posture. Ils négocient davantage, diversifient leurs partenaires, et utilisent la concurrence comme levier. La relation n’est plus verticale, elle est devenue transactionnelle, parfois instable, souvent opportuniste. Et c’est précisément dans cette zone grise que s’inscrit la tentative française de retour.

Derrière les mots de “coopération renforcée” et de “Co-investissement”, une réalité s’impose : personne ne dispose plus d’un monopole d’influence. L’Afrique centrale est devenue un espace ouvert, disputé, fragmenté, où les alliances se font et se défont au rythme des intérêts.

Reste alors une question que même les discours les mieux calibrés ne parviennent pas à évacuer : dans un tel paysage, que signifie encore “repartir à la conquête” ? Peut-être simplement tenter de ne pas disparaître du jeu.

Bobo Ousmanou

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