Afrique centrale : terres en crise, réformes en lice

Les 21 et 22 septembre 2026 à Douala, le foncier s’est invité au cœur des préoccupations régionales.

Camerounais, Tchadiens et Centrafricains ont réuni pouvoirs publics, chefs traditionnels, société civile, chercheurs et experts pour chercher des réponses à une équation devenue brûlante : comment mieux gérer la terre, limiter les conflits et sécuriser les activités agricoles ?
L’atelier, soutenu par la FAO, s’inscrit dans le prolongement d’un projet conduit de 2024 à 2026 dans les trois pays. Son objectif : tirer les leçons de cette expérience et les transformer en actions concrètes. Car derrière les titres de propriété et les textes administratifs se jouent des questions très terre à terre : accès aux ressources, sécurité alimentaire, moyens de subsistance et cohésion sociale. « L’accès à la terre et aux autres ressources naturelles productives fait partie des priorités de la FAO dans ses efforts de lutte contre la faim et la pauvreté », a rappelé Athman Mravili, coordonnateur sous-régional de la FAO pour l’Afrique centrale.
Chantier
Le Cameroun, qui poursuit sa propre réforme foncière, a présenté ses avancées. Une équipe interministérielle travaille désormais sur le dossier, tandis qu’une plateforme multi-acteurs doit favoriser la concertation sur les questions foncières, domaniales et cadastrales. Des consultations interrégionales ont également été menées. Reste désormais à finaliser le Document de politique nationale foncière et domaniale ainsi que le projet de loi correspondant. À Douala, les discussions ont dépassé les frontières nationales : droits des communautés, conflits liés à la terre, mobilité pastorale, rôle des autorités traditionnelles et expériences du Sénégal, du Burkina Faso, du Tchad et de la Centrafrique ont été examinés. En groupes, les participants ont même esquissé les contours d’une future initiative sous-régionale. Une note conceptuelle doit désormais transformer ces propositions en projet. Le défi est de taille : dans une région où la terre nourrit, abrite et parfois oppose, mieux la gouverner devient une condition de stabilité autant qu’un enjeu de développement
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Rémy Biniou



