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«AKOUS», OU Rituel de veuvage en Pays Béti :

«L’Akous», rituel de purification de la veuve ou du veuf est désormais confronté à la réalité de la modernité.

Le veuvage est un rite ancestral profondément enraciné dans les coutumes Beti. Il a réussi à traverser le temps, les grands évènements historiques et les mutations socio-religieuses du pays; mais à cause des bouleversements induits par la modernité, ce rite est désormais entré en zone de turbulence. Longtemps considéré comme un rite de purification et d’accompagnement du défunt par le veuf ou la veuve. il est aussi une épreuve pour la veuve, qui se soumet à des rituels imposés par la belle-famille.

L’Akous a dès l’origine une fonction sociale claire, celle de purifier la veuve et de lui permettre de réintégrer la communauté. L’attachement à ce cérémoniel passe aujourd’hui par le tamis des moeurs nouvelles. Résultat: de nombreuses femmes y voient désormais une pratique dégradante. Et pour cause, l’acte de purification s’en trouve quelques fois entâchées d’intentions vengeresses. Notamment de la part de la famille de l’époux décédé, accusée trop souvent de recourir à des actes humiliantes et d’une grande sévérité. Les victims d’abus quant à elles tiennent le flambeau de la dénonciation.

Droits des femmes

Il faut également tenir compte des discours sociaux et politiques actuelles autour de la promotion du droit des femmes et du respect de la dignité humaine. Des notions qui, si elles ouvrent des perspectives heureuses pour les femmes victimes de violences diverses, restent tout de même dénuées de toute africanité. “Le problème aujourd’hui reside dans la coexistence de deux cultures qui s’affrontent. L’une dite occidentale ne reconnait pas la valeur des cultures africaines. Elle s’en defend d’ailleurs mais malheureusement, elle est celle qui dominante dans nos pays maintenant. C’est celle qu’ont épousé les femmes africaines et il s’ensuit que le regard qu’elles jettent sur certains aspects de nos traditions est changé. On peut dire que certaines pratiques ont dilué les rituels ancestraux mais une chose est certaine c’est que notre position actuelle face à la tradition n’est pas non plus restée intacte. Donc, il se pose à la fois la question de l’adaptation de nos cultures mais aussi de notre réappropriation de notre identité”, souligne Olivier Sack, sociologue.

L’Akous fait cependant de la résistence dans les villages. De nombreuses femmes continuent de s’y plier. Quelques fois sous la pression. La crainte y est pourtant omniprésente désormais. Pour éviter les punitions ou alléger les sévices, certaines familles n’hésitent pas à débourser d’importantes sommes pour que les ritualistes ne soient souples, « j’ai dû débourser 200 000 FCFA pour que mes belles sœurs ne me torturent pas trop », déclare veuve Ekani, du côté de Ngona dans le 5e arrondissement de Yaoundé. Au-delà des sinuosité de l’esprit humain, le veuvage est un marqueur de l’identité culturelle Beti. Il créé un pont entre modernité et tradition

André Gromyko Balla

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