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BEAC : les marchés attendent le prochain signal sur les taux

Le Comité de politique monétaire (CPM) de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) doit tenir sa quatrième réunion ordinaire de 2026 durant la dernière décade d’octobre.

Système financier : la Beac recommande la vigilance

À quelques semaines de ce rendez-vous monétaire, les marchés financiers d’Afrique centrale retiennent leur souffle. Pour les banques, les Trésors publics et les investisseurs présents sur le marché régional, cette échéance sera particulièrement suivie : elle permettra de mesurer la volonté de la banque centrale de poursuivre l’assouplissement engagé depuis juin.

Virage

Le précédent CPM, réuni le 29 juin à Yaoundé, avait marqué un changement de ton. La BEAC avait abaissé son principal taux directeur, le taux d’intérêt des appels d’offres (TIAO), de 4,75 % à 4,50 %. Le taux de la facilité de prêt marginal avait, lui, été ramené de 6,25 % à 5,75 %. Les coefficients de réserves obligatoires avaient également été réduits, de 7 % à 6,50 % pour les exigibilités à vue et de 4,50 % à 4 % pour les exigibilités à terme.

Selon plusieurs sources proches du dossier, les opérateurs de marché abordent donc octobre avec une question simple : la détente monétaire de juin constitue-t-elle le début d’un cycle ou une étape ponctuelle ? La réponse dépendra notamment de l’évolution de l’inflation, des réserves de change, de la liquidité bancaire et des besoins de financement des économies de la CEMAC.

Pression

L’enjeu dépasse largement les salles de marché. Une modification des conditions monétaires se transmet au coût du crédit, à la liquidité des banques et, indirectement, aux conditions auxquelles les États empruntent sur le marché régional des titres publics.

Ce marché a précisément changé d’échelle. L’encours des titres publics de la CEMAC a franchi 10 000 milliards de FCFA au premier semestre 2026, tandis que le taux d’intérêt moyen ressortait à 8,29 % sur la période. Dans ce contexte, chaque signal de la BEAC compte. Une nouvelle détente pourrait améliorer les conditions de financement et soutenir la liquidité bancaire. Mais les investisseurs continueront de regarder le rendement des titres souverains à l’aune du risque et de la rémunération offerte par les différentes maturités.

Réserves

La banque centrale devra également composer avec l’évolution de sa position extérieure. Dans ses projections de mai 2026, la BEAC anticipait pour la CEMAC une croissance de 3,2 % et une inflation moyenne de 2,4 %. Les réserves de change devraient représenter 4,72 mois d’importations à fin 2026, contre 4,12 mois en 2025. « Les prochains arbitrages seront regardés à travers le triptyque inflation-liquidité-réserves », estime une source proche du marché monétaire, pour qui les investisseurs chercheront surtout à déterminer si la baisse de juin peut se prolonger sans modifier l’équilibre monétaire régional.

Le rendez-vous d’octobre pourrait ainsi fournir un nouveau baromètre de la stratégie de la BEAC. Pour les marchés financiers, le message sera moins dans le niveau d’un taux que dans sa trajectoire. Car derrière les décimales se joue une question très concrète : à quel prix l’argent circulera-t-il dans la CEMAC à la fin de 2026 ?

Jean-René Meva’a Amougou

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