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Cameroun : les caisses de l’État sont « presque » vides

L’information vient d’un compte rendu de la télévision nationale sur des confidences faites lors de l’audience entre le ministre des Finances et des émissaires du FMI conduits par Christine Dieterich, conseillère Afrique, le 17 septembre.

Le ministre des Finances a reçu jeudi 17 septembre 2026 une mission du Fonds monétaire international (FMI). Celle-ci se tient dans le cadre du dialogue régulier que l’institution entretient avec ses États membres au titre de l’article IV. L’objectif sous-tendu à ce rendez-vous est de faire un diagnostic des finances publiques. Pour le Cameroun cependant, cette mission intervient dans un contexte particulièrement tendu. Les caisses de l’État sont « presque » vides, a rapporté la Cameroon Radio and Television dans son édition du journal télévisé de 20h30 le 17 septembre dernier.

La situation augure des lendemains difficiles pour l’État camerounais, tant la connotation de cette déclaration renvoie à une cessation de paiement. Notamment de la dette, dont l’encours est à ce jour évalué à 15 416 milliards de FCFA d’après les données de la Caisse autonome d’amortissement. À ce chapitre de dépenses se greffent aussi divers engagements internationaux et la poursuite de sa Stratégie nationale de développement (SND30) chiffrée à 88 000 milliards de FCFA. « Le ministre a expliqué la situation difficile en ce qui concerne la liquidité et tous les efforts du gouvernement en vue de contrôler cette situation, y compris le contrôle des dépenses », déclare la conseillère au département Afrique du FMI, Christine Dieterich.

Le Cameroun sort pourtant d’un programme structurel avec le FMI qui avait pour but de redresser ses finances. La sortie du ministre des Finances au journal de 20h de la Cameroon Radio and Television (CRTV) vient ainsi exposer la tangente des résultats engrangés par les deux parties. Mais Louis Paul Motaze veut faire bonne figure devant la délégation d’experts. Il tente alors un discours rassurant sur un imminent « retour à la normale ». Mais à bien y regarder, les choses ne semblent pas si simples. Les 9 et 10 septembre 2026, une délégation du ministère des Finances s’est rendue à Londres pour rencontrer des investisseurs dans le cadre d’un _market sounding_ organisé avec le Commonwealth Enterprise and Investment Council (CWEIC). En apparence, les assises qui s’y sont déroulées ont tout l’air d’une levée de fonds. Ce dont se défend le département ministériel.

Nouveau programme avec le FMI

L’État camerounais et le FMI envisagent déjà la conclusion d’un nouvel accord, moins d’un an après la clôture du précédent. Des dispositions sont en train d’être prises au niveau national pour aller dans le sens de la directive de la CEMAC, laquelle stipule que les États puissent prendre des dispositions pour renouer de nouveaux programmes avec les bailleurs de fonds. Le ministre Louis Paul Motaze plaide ouvertement depuis l’automne 2025 pour l’ouverture rapide des négociations en vue d’un nouveau programme. Et pour cause, l’enjeu dépasse le simple cadre des décaissements directs. Un nouvel accord avec le FMI pourrait rassurer les autres bailleurs et les marchés financiers internationaux. Ce qui représente une aubaine pour combler le déficit budgétaire projeté à plus de 1 000 milliards de FCFA en 2027.

Louise Nsana

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