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Cameroun-USA : la santé à l’épreuve de la souveraineté

La création du Secrétariat technique témoigne de la volonté de Yaoundé d’accroître son influence sur l’accord sanitaire qui lie les deux pays.

ouverture secondaireUSA et Cameroun. Le partenariat en essor

Le Cameroun et les États-Unis ont lancé, le 6 octobre 2026, le Secrétariat technique commun (STC), en vue d’une coordination conjointe de l’accord de principe bilatéral qui unit les deux parties en matière de santé depuis 2015. Cette structure ouvre de nouveaux horizons en ce qui concerne la souveraineté sanitaire du Cameroun. Et pour cause : « Le STC reflète une nouvelle approche de la coopération qui renforce le leadership et l’appropriation camerounais tout en soutenant la transition des activités de santé appuyées par les États-Unis vers une autosuffisance complète d’ici 2030 », indique l’ambassade américaine à Yaoundé.
Quelques jours plus tôt, soit le 1er octobre, les deux parties signaient l’Accord sur les Objectifs Stratégiques (SOAG). Celui-ci permet au gouvernement américain d’engager des fonds et de procéder à un financement direct au profit du gouvernement camerounais. Les investissements américains pour la santé au Cameroun s’élèvent à ce jour à quelque 1,1 milliard de dollars, soit 640 milliards de FCFA.

« L’accord conclu aujourd’hui concrétise nos engagements dans le cadre de la stratégie mondiale de santé « l’Amérique d’abord ». Grâce à ce SOAG, nous établissons un cadre quinquennal solide valable jusqu’en 2030 et visant à fournir près de 400 millions de dollars, soit environ 240 milliards de FCFA de soutien américain, en complément des 450 millions de dollars de co-investissement du gouvernement camerounais », déclarait le 1er octobre la chargée d’affaires par intérim à l’ambassade, Brenda Soya.
C’est là que le bât blesse. En signant le SOAG avec Washington, Yaoundé s’engage à reprendre la main sur le financement de son propre système de santé. Or, l’arrêt brutal de certains financements américains en 2025 a laissé un goût amer au Cameroun, notamment en raison des perturbations des services de soins liés au VIH, à la tuberculose, au paludisme, entre autres.
Le Cameroun s’est engagé à mobiliser 450 millions de dollars, dans un pays où l’effort budgétaire en matière de santé reste en deçà des 15 %.

Louise Nsana

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