A la uneINTÉGRATION RÉGIONALEMAIN COURANTE

CEMAC : explorer le gisement de la diaspora pour financer les projets

Le 22 septembre 2026, à Yaoundé, au siège de la BEAC, la présentation (par la Banque africaine de développement) des Perspectives économiques régionales 2026 pour l’Afrique centrale a posé une question très concrète : comment financer les infrastructures, l’énergie, les transports et la transformation productive lorsque les besoins progressent plus vite que les ressources publiques ? Parmi les pistes avancées par la BAD figure la mobilisation de l’épargne de la diaspora, notamment à travers des obligations destinées à financer des projets d’infrastructure.


L’idée prend une résonance particulière dans la CEMAC. Les transferts des ressortissants établis à l’étranger constituent déjà une source de financement des ménages. Pour le Cameroun, par exemple , ils auraient atteint environ 650 milliards de FCFA en 2025. Le défi consiste à convertir une fraction de ces flux en épargne longue, orientée vers l’investissement plutôt que vers les seules dépenses courantes.

Changer de canal
Pour la CEMAC, l’intérêt serait d’aller au-delà des dispositifs strictement nationaux. Des obligations adossées à des projets clairement identifiés pourraient contribuer à financer des corridors régionaux, infrastructures énergétiques, réseaux numériques ou projets industriels transfrontaliers.
Mais l’épargne de la diaspora ne se mobilisera pas sur la seule base de l’attachement au pays. Un investisseur veut connaître le rendement, la durée, les garanties, la destination des fonds et les conditions de remboursement. La confiance devient donc la véritable monnaie du dispositif.
C’est ici que l’architecture financière communautaire doit jouer son rôle. La CEMAC dispose déjà d’une monnaie commune, de la BEAC, de la BVMAC et d’un marché régional des titres publics. L’enjeu est de mieux connecter ces instruments à l’épargne privée et institutionnelle, notamment celle de la diaspora.

Du transfert à l’investissement
Dans cette perspective, la stabilité monétaire défendue par Yvon Sana Bangui doit trouver un prolongement financier : créer les conditions permettant à l’épargne de devenir investissement. La diaspora pourrait ainsi passer du statut de pourvoyeuse de transferts à celui d’acteur du financement régional.
Le 22 septembre, la BAD a donc posé une piste qui dépasse le simple appel aux capitaux extérieurs. La CEMAC dispose déjà d’un gisement financier dispersé hors de ses frontières. Le véritable chantier consiste désormais à construire le canal qui permettra de l’orienter vers ses projets de développement. Car entre l’argent envoyé à la famille et l’argent investi dans une infrastructure régionale, il n’y a qu’un pas. Mais ce pas s’appelle confiance, transparence et rendement.

Remy . Biniou .

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page