Cérémonie de dédicace : Akono, la mémoire retrouvée
Ce vendredi 4 septembre, au Musée Ethnographique et Historique des peuples de la forêt d’Afrique Centrale à Elig-Essono, l’avocat Charles Nguini a dédicacé son roman Akono, l’odyssée d’une cité mythique (L’Harmattan Cameroun).

L’ouvrage ravive la douleur d’un village : le transfert brutal, en 1976, du petit séminaire d’Akono vers Yaoundé, décidé par Mgr Jean Zoa. « J’ai voulu redonner une voix à ceux qui n’ont pas eu la parole », confie Me Nguini, avocat depuis 1990 et auteur passionné. Son héroïne, Yoana Aboa, exilée en France, apprend la nouvelle « comme un coup de massue » et part en quête de mémoire. « Ce n’est pas un règlement de comptes, c’est une plaie rouverte avec tendresse », ajoute-t-il, entouré d’un parterre de lettrés.
Le Dr Koukam Jacques Deboheur, directeur des Éditions L’Harmattan Cameroun, salue « un texte qui dépasse l’anecdote locale pour toucher à l’universel : le deuil d’un lieu et la transmission aux générations futures ». Le Pr Omgba Richard Laurent, qui a livré une analyse de l’œuvre, insiste : « Ce roman est un acte de résistance mémorielle. Il interroge notre rapport aux décisions venues d’en haut, qui déracinent sans explication ».
Le modérateur, l’honorable Melingui Roger, rappelle le contexte. Pour lui, « en 1976, la nouvelle avait sidéré la communauté. Même les proches de l’archevêque furent pris de court ». Le livre restitue cette sidération collective à travers le destin de Yoana Aboa, symbole de tout un peuple privé de son institution catholique, « fusionnelle » avec le village. À 17h30, la séance de dédicaces a prolongé les échanges, avant un cocktail convivial. Publié au prix de 24 euros, l’ouvrage illustré par Gabrielle Nguini rejoint la veine des récits de mémoire qui, du local, font écho à l’intime. « Ce livre, c’est aussi une promesse faite à Akono », conclut l’avocat-écrivain. Reste à savoir si, au-delà du cercle des initiés, cette « odyssée » touchera tous ceux pour qui le petit séminaire n’est plus qu’une légende familiale. Le Musée Ethnographique et Historique des peuples de la forêt d’Afrique Centrale, écrin de mémoire, était le lieu idéal pour cette renaissance.
Tom



