Chutes d’Ekom-Nkam : l’activité touristique en berne et terne
Au regard de la baisse du flux des touristes, les chefs traditionnels du Moungo (Nkongsamba) présents à Yaoundé plaident pour que l’Etat dote le site touristique d’infrastructures diverses pour plus d’attractivité.

Le Cameroun regorge de nombreux sites touristiques pittoresques dans toutes les dix régions. Ils sont véritables industries culturelles qui peuvent contribuer au développement des localités et apporter un plus sur le Pib du Cameroun. En revanche, ils sont sous exploitées pour des raisons d’enclavement, d’insécurité et bien d’autres. Les chutes d’Ekom-Nkam n’échappent pas à cette dure réalité. La délégation des chefs traditionnels et gardiens du site ont fait le déplacement pour Yaoundé sous l’invitation du ministre par intérim du Tourisme et des Loisirs (Mintoul) Gabriel Mbairobe pour faire connaitre Chutes d’Ekom-Nkam ce riche patrimoine naturel et écologique au public. « A l’occasion de cette journée mondiale du tourisme qui se referme ce 28 septembre 2026 au Musée national, nous sommes heureux d’être dans la capitale politique pour vous faire connaitre et expliquer les Chutes d’Ekom-Nkam », se réjouit Richard Essonkong, représentant du Chef d’Ekom-Nkam.
Origine des Chutes
Ekom-Nkam vient du nom originel « Holleum » en langue maternelle le « Mbo’o », la chute d’Ekom ce sont des cascades jumelles qui recueillent des eaux venues de l’Ouest Cameroun et du plateau de l’Adamaoua, et qui passent par la plaine des
« Mbo’o ». La chute d’Ekom « holleum », se rencontre avec le fleuve Nkam. La chute d’Ekom-Nkam c’est le nom du village qui abrite les chutes « d’Ekom ». Il est situé dans l’arrondissement de Baré-Bakem, département du Moungo (Nkongsamba), région du Littoral (Douala). Ekom-Nkam porte le nom de la chute dont il est le miracle. C’est la deuxième chute au monde la plus élevée de 90 mètres après celle de Niagara au Canada.
Tourisme au ralenti
La chute d’Ekom-Nkam, ne connait plus l’effervescence d’antan en termes de visites. L’activité touristique est à la traine. L’accès sur le site est pénible. L’une des difficultés c’est l’absence de routes. Elle est impraticable malgré la bonne volonté de jeunes des communautés qui s’occupent manuellement pour la rendre fluide. Autre difficulté c’est l’absence de l’eau potable. Pour ce qui est de l’électricité, le site dispose d’une centrale solaire qui ne permet pas de faire les investissements de pleine capacité. La conséquence est immédiate, le site accueille 300 voire 400 touristes en basse saison, en haute saison de septembre en mars le site deux mille visiteurs.
« On n’a pas les données exactes puisqu’il y a parmi les visiteurs les clandestins parmi lesquels les corps diplomatiques et d’autres responsables qui échappent au contrôle des guides des lieux, ce qui est à l’origine des noyades », regrette le représentant du Chef d’Ekom-Nkam à Yaoundé
Mémoire
La Chute d’Ekom-Nkam est aujourd’hui entrée dans l’histoire de l’humanité ceci grâce au cinéma. C’est le lieu mythique où le « film Greystoke, la légende Tarzan » a été tourné 1982 par l’acteur Christophe Lambert et sorti en 1984. Le film est tourné sur le site pour sa splendeur, sa nature verdoyante, pour sa beauté paradisiaque. Ce n’est pas ex-nihilo. Alors pour cette nature luxuriante, nous tenons à conserver ce patrimoine intact pour les futures générations. « En dehors de la plaidoirie faite pour moderniser les Chutes d’Ekom-Nkam, nous souhaitons en outre rappeler aux autorités que nous sommes prêts à accueillir toutes les structures qui vont peuvent contribuer au développement optimal et pluriel sans changer le fond. Les Chutes d’Ekom- Nkam doivent conserver leur splendeur, leur originalité. Le développement voulu doit profiter aux riverains, aux communautés locales pour leur épanouissement et de la localité », fait savoir Richard Essonkong, représentant du Chef d’Ekom-Nkam de Baré-Bakem.
Olivier Mbessité



