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Grand prix de la francophilie des médias : Yaoundé, capitale mondiale de la presse culturelle

Les finalistes et journalistes culturels venus de l’Afrique de l’Ouest et Centrale plaident pour le rayonnement de secteur d’activité ; donc les acteurs ploient sous le poids de vicissitudes existentielles.

Les journalistes culturels et finalistes sélectionnés pour la Coupe du monde de la presse culturelle.

Yaoundé, capitale politique du Cameroun accueille du 13 juillet au 19 juillet 2026 la 7ème édition de la Coupe du monde la presse culturelle dénommée Grand prix de la francophilie des médias. Une initiative du Réseau des Journalistes culturels du Cameroun (R2JC) dont la présidente est Laurentine G. Assiga. Onze pays d’Afrique et de l’Europe prennent part à cette édition. Il s’agit du Cameroun, le Congo-Brazzaville, de la République démocratique du Congo (RDC), de la Mauritanie, du Burkina Faso, la Côte-d’Ivoire, le Niger, Guinée, Benin, Sénégal et la France. Selon Laurentine G Assiga, présidente du R2JC, la presse culturelle est l’enfant pauvre de l’Afrique. «Cet évènement se veut être un programme de restructuration de l’écosystème de la presse culturelle. En regardant l’existant, un journaliste culturel ne peut pas vivre décemment de ce métier. Dans certains points de presse, certains promoteurs se permettent de donner 25000 FCFA à un journaliste culturel pourtant bien formé, et dix ans d’expérience dans le métier. On ne donne pas de la valeur aux journalistes culturels », En revanche le patrimoine ne peut être valorisé sans ces acteurs. « Sans ces archivistes, ces professionnels qui documentent cette identité culturelle, elle ne pourrait jamais traverser les nations.

Les expériences extérieures nous prouvent que quand on s’appuie sur ce pilier qui est la presse culturelle, la culture de ce peuple domine le monde », renchérit-elle. Le Grand prix de la francophilie des médias n’est pas qu’un rendez-vous qui célèbre la presse culturelle, mais c’est avant tout un combat structurel et économique pour « l’autonomisation des médias culturels comme question fondamentale a toujours été sur les feux de la rampe. L’information culturelle est le véritable pilier de notre mémoire collective et de notre identité. Valoriser ce métier et lui accorder une vraie place dans les médias est une urgence absolue, car la culture nourrit l’âme. Pour reprendre un auteur la culture c’est la mémoire du peuple, la conscience collective, et la continuité historique le mode de penser et de vivre », souligne, Chadrack Mpereng, finaliste de la RDC. Il appelle les autorités à se joindre dans cette bataille pour redonner vie aux acteurs. « Nous lançons donc un appel aux autorités à tenir le taureau par les cornes afin de faire du métier du journalisme culturel un puissant levier de développement économique et un véritable soutien à l’écosystème artistique », lâche-t ’il.

La gastronomie outil de diplomatie
La 7ème édition du Grand prix de la francophilie des médias a pour thème ; « Gastronomie traditionnelle et connexion des peuples ». Le choix de cette thématique n’est pas un hasard, car il faut reconnaitre que les peuples se détestent, de plus en plus l’on assiste aux replis identitaires parce qu’ils s’appuient sur des clichés et ils ne se connaissent pas. « On a voulu toucher à cette essence-là. Pour l’Afrique de voir comment il faut labelliser ces recettes ancestrales, il est question pour nous les journalistes culturels de faire de la gastronomie africaine comme un élément de diplomatie culturelle », explique Laurentine G Assiga, présidente du RJ2C. C’est la même pensée qui anime le journaliste et finaliste du Niger Issifi Harouna. « Je suis venu au Cameroun grâce aux autorités du Niger. Je suis venu présenter un met local « damwake », un plat traditionnel originaire du Nigéria. C’est un plat de la communauté haoussa présente dans les deux pays. C’est un plat unificateur, qui connecte les peuples, lorsque vous arrivez au Niger ou au Nigéria, il n’y a pas que les haoussas qui consomment le « damwake » il y a le Songhai-zarma, le Tamajaq, les peuls, les Kanouri, les Arabes, Tubu, Buduma, Tagdal et bien d’autres. Ce plat connecte les peuples du Niger et du Nigéria qui sont culturellement deux pays frères, deux pays voisins », conclut, le journaliste du Niger.

Olivier Mbessité

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