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Journée internationale de l’enseignant : les seigneurs de la craie réclament leur place

Entre vocation, sacrifices, reconnaissance et adaptation aux nouvelles technologies, les enseignants célèbrent ce 5 octobre une profession au cœur de la transformation des sociétés. Au Cameroun comme ailleurs, cette journée rappelle que derrière chaque médecin, journaliste, entrepreneur ou responsable public se trouve souvent un enseignant.

La salle de classe n’est pas seulement un espace où des leçons sont écrites sur un tableau noir. Elle est aussi le lieu où se construisent des destins. Lundi 5 octobre 2026, les seigneurs de la craie étaient mis à l’honneur à l’occasion de la Journée mondiale de l’enseignant. Une célébration qui intervient cette année sous un thème évocateur : « Aux côtés de l’enseignant : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs ». L’édition 2026 marque en effet les 60 ans de la Recommandation OIT/UNESCO de 1966 relative à la condition du personnel enseignant.

Cette célébration prend une résonance particulière dans les établissements scolaires de la ville de Yaoundé. Pour beaucoup de ces professionnels elle constitue moins une simple journée festive qu’un moment pour rappeler la noblesse d’une profession sous-estimée. Chimelle NYAWE, en service au Collège Adventiste de Yaoundé, parle d’une profession qui s’est progressivement imposée à elle. « Je n’ai pas choisi l’enseignement, mais il m’a choisi. Pour moi, c’est une vocation. À force de pratiquer ce métier, j’y ai pris goût. » Cette dernière met ainsi le doigt sur une réalité indicible de ce métier. Lequel ne se conquière pas par opportunisme économiquement uniquement. Mais dans une symbiose véritable entre être et transmission des savoirs. Pour Stephane Bouguem, enseignant de géographie au Collège Adventiste de Nyom 2, le spectre des responsabilités est plus large. « La Journée internationale de l’enseignant vient à point nommé, parce que nous inculquons des valeurs aux apprenants. Cela nous permet de savoir combien nous portons ce droit de sauver des vies.»

Endurance et abnégation
Le métier exige toutefois endurance et abnégation. Tchounke Stéphane, également enseignant au Collège Adventiste de Nyom 2, ne cache pas sa fierté malgré le sentiment de dévalorisation que peuvent éprouver certains professionnels. « Pour ma part, je suis d’abord très fier de ce métier, même si aujourd’hui nous sommes méprisés. Mais nous avons encore la force de donner du poids à notre vocation. Ce métier est noble et demande beaucoup de concentration, de discipline et de sacrifices, surtout de la patience », souligne-t-il.

Le rôle de l’enseignant apparaît tout aussi déterminant au sein du système éducatif de base. Clément Nyambane, directeur d’école primaire, mesure le poids de cette responsabilité à travers les générations formées sur les bancs de l’école. « L’enseignant occupe une place importante et indispensable. Sans eux, on n’aurait pas de médecins, de journalistes, de gouverneurs et j’en passe. Vous voyez donc combien nous sommes importants. Parce que c’est nous qui forgeons les jeunes entrepreneurs de demain. Nous leur transmettons des valeurs afin qu’ils deviennent de grandes femmes et de grands hommes demain », déclare ce dernier.

L’opportunité de l’IA
Autre réalité qui transforme progressivement le métier : l’intelligence artificielle. Franciane Semeu y voit une opportunité pour les professionnels de l’éducation. « L’intelligence artificielle est une opportunité pour nous les enseignants parce qu’elle facilite les recherches. » Mais pour elle, aucune technologie ne saurait remplacer la dimension humaine de la transmission. « Ma satisfaction est de voir, d’avoir une collaboration avec les futurs citoyens. Cette fête nous démontre combien nous sommes des hommes et des femmes de valeur. Nous formons des générations à entreprendre, à étudier et à savoir vivre et faire dans la société. Je dirai même que c’est le plus grand métier et le plus beau des métiers. » Ces paroles traduisent une même conviction : l’enseignant ne transmet pas uniquement des connaissances. Il transmet des repères, des valeurs et une vision de la société. Cette mission intervient pourtant dans un contexte où la profession fait face à de nouveaux défis : évolution des technologies numériques, conditions de travail précaires, faible reconnaissance sociale, charge professionnelle élevées et la nécessité de renforcer la voix des enseignants dans les décisions qui concernent l’éducation.

Gaëlle Atangana

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