Les « Twins de Makak » : l’art du balafon entre de jeunes mains
Ces jumeaux originaires du Nyong-Ekelle, six ans tout juste, ravissent des publics par leur habilité à manier l’instrument de musique traditionnel. Leur répertoire privilégié tourne autour des classiques camerounais de la décennie 80.

Le Grand Prix de la Francophilie des médias. A donné mardi, 14 juillet 2026, l’opportunité d’une redécouverte de la richesse artistique musicale du Cameroun. Bikutsi, Makossa et autres rythmes locaux y sont exécutés avec art par les «Twins de Makak ; deux gamins de six ans encadrés dans leur évolution artistique par leur papa. Le public venu du Cameroun et de l’Afrique s’est délecté du talent des jeunes jumeaux venus tout droit de la forêt de Makak, dans la région du Centre et le département du Nyong-et-Kéllé. Sous leur expertise, chaque mélomane a pu se remémorer l’époque du groupe « Rhum Tah », fondé par le célèbre auteur-compositeur chanteur et producteur Roger Kembé Pesauk, de regrettée mémoire.
Les « Twins de Makak » ont soulevé les autorités et foules et impressionné par leur talent. Balafoniste à bas âge, ils jouent l’hymne national du Cameroun, les autorités présentes à la 7ème édition de la Coupe du monde la presse culturelle étaient fascinés. Chaque prestation scénique laissait découvrir l’immense talent de ces jumeaux. Ils accrochaient le public. Ils ont surpris l’assistance en jouant des classiques des années 80, 90, pas de fausses notes. Ils ont repris les « Têtes Brulées le titre Essingan », puis Eboa Lotin dans « Elimb’a Dikalo ». Le résultat présenté au public, est le fruit du travail acharné et régulier. « Nous avons des heures intenses de travail. Pour qu’on arrive à ce résultat, il faut des sacrifices énormes le temps, les punitions, c’est pour moi une transmission qui me va tout droit au cœur », confie Bernard Meinrad, père biologique et formateur des « Twins de Makak ». « Toutes les musiques anciennes jouées ce jour, sont écoutées, chantées, et puis retransmises par les notes de balafon, ce qui prend assez du temps, vu leur jeune âge, ils le font innocemment, passionnément, puisque moi-même je joue du balafon », renchérit-il.
Balafoniste, musicien, et fabriquant de ce support acoustique de la communication, il initie ses jumeaux depuis l’âge de deux ans car selon «la culture reste, lorsqu’on a tout perdu, c’est dans cette optique que j’ai décidé de transmettre le jeu de balafon à ces deux bébés jumeaux âgés de six ans. Ils ont commencé à jouer au balafon à trois ans ils prestaient dans les petits spectacles du village. Je me réjouis du travail fait, voir les enfants jouer à l’hymne national du Cameroun, face aux convives venus de onze pays étrangers, c’est une reconnaissance que le travail est bien fait », pavoise Bernard Meinrad.
Objectifs
Nonobstant quelques résultats engrangés jusqu’ici le père biologique des jumeaux a plusieurs objectifs. Il souhaite que les jumeaux représentent le Cameroun dans les concerts internationaux. Ils ont déjà des bonnes notes au niveau national, il faut viser plus loin. « Je souhaite entendre demain que voilà les « Twins de Makak » qui représentent le Cameroun en France, en Angleterre, en Amérique un peu partout dans le monde. Que la culture Camerounaise et africaine soit portée haut à travers ces enfants », souhaite Bernard Meinrad. « Je sais que le chemin est difficile, mais il faut croire, déjà pour arriver ici à Yaoundé avec ces enfants, ce n’était pas facile. Je me suis battu pour leur donner la visibilité, mais ce n’est pas suffisant. Je lance un appel aux autorités publiques, le ministre des Arts et de la Culture pour son soutien pour un encadrement, parce que seul les moyens et les forces sont limités », dit-il. Le balafoniste souhaite ouvrir une école de formation, pour les enfants pour perpétuer cet héritage culturel des peuples et communauté de la forêt. « Il est de mon devoir d’écrire l’histoire à ma manière, pour ce faire, ma mission est de me sacrifier pour transmettre le balafon aux jeunes balafonistes de demain, c’est l’une des missions que la nature m’assigne », conclut Bernard Meinrad, le formateur des « Twins de Makak »
Olivier Mbessité



