Lydie Pouhe : l’hommage d’une vie de foi et de service

Le village de Nkonga-Centre accompagne ce samedi 26 septembre 2026 l’une de ses figures les plus respectées. Ngo Kaldjob Baleñla Lydie, veuve Pouhe, s’est éteinte le lundi 27 juillet à Yaoundé, après un bref malaise respiratoire. Elle était née en 1938 à Manbôndô, dans la commune de Ngambe.

Deuxième enfant d’une fratrie de cinq, première fille d’une famille chrétienne pratiquante, elle est issue de la Grande Collectivité Log Nkol par son père, Albert Kaldjob Baleñla, et Lôg-Yede par sa mère, Esther Ñodi. Sa vie s’est construite autour de l’idéal divin. Notamment au sein de la Mission presbytérienne américaine, devenue l’Église presbytérienne camerounaise (EPC). Elle fait ses études primaires et complémentaires à Putkak, puis à Sakbayemi, sous la direction de Margareth Chaise.
En 1959, elle épouse Guillaume Pouhe Pouhe, alors jeune enseignant. Le mariage civil est célébré à Babimbi II (Sanaga maritime) le 29 mars. Il s’ensuit une bénédiction religieuse le 4 avril à Putkak. De cette union est née une descendance nombreuse. Les siens décrivent une épouse vertueuse, compagne d’un homme de commandement, dont la foi est restée intacte malgré les affres de la vie.
Couturière de haute couture, elle se constitue une clientèle de classe et n’oublie pas les tout-petits déshérités, dont elle assure l’encadrement. Au gré des affectations de son mari, elle sert l’Église à Melong, à Yabassi, à Yaoundé, puis à Douala, à la paroisse Hikôa Siôn, de 1974 à 1980. Revenue à Nkonga pour sa retraite, elle occupe successivement les fonctions de trésorière, de secrétaire, puis de présidente de la chapelle Gwéha ni Nsañ. Le 11 octobre 1998, elle est consacrée Ancien de l’Église, au terme d’un parcours salué pour sa persévérance.
Ni l’âge ni la maladie ne l’ont détournée de ses engagements. Militante de première heure du RDPC, elle a aussi marqué l’Association chrétienne des femmes, les Femmes Lôg-Bisu’u, l’ADLOBI et l’AFFEN, où l’on se souvient d’une conseillère pondérée et d’une source intarissable d’amour.
Les témoignages de ses proches disent la même chose : une grand-mère qui a parfois tenu lieu de mère ; une « mère de cœur » pour ses belles-filles, une femme dont le silence même était une école. Ses petits-enfants retiennent ses prières, ses valeurs, sa sollicitude de « mère poule ». Foi, stoïcisme, résilience et contentement furent, disent les siens, ses plus grandes qualités.
Elle quitte ce monde comme le vieux Siméon ayant vu l’enfant Jésus né: « bien nourrie de jours, au milieu de siens qu’elle a tant aimé et qui lui ont tout donné ». La matriarche Ngo Kaldjob Lydie veuve Pouhe sera conduite à sa dernière demeure Ce samedi, 26 septembre 2026.
Gaëlle Atangana



