Rentrée scolaire 2026 : le train de l’éducation de nouveau sur les rails
La rentrée scolaire 2026-2027 a officiellement démarré le 7 septembre à travers le Cameroun. Si responsables administratifs et chefs d’établissement saluent un retour globalement serein des élèves et des enseignants, parents, éducateurs et observateurs rappellent que les difficultés habituelles demeurent: inscriptions tardives, contraintes financières et défis structurels du système éducatif.

Les cours ont repris dans les établissements soclaires de la ville de Yaoundé. Et l’ambiance, pour la décrire du point de vue des responsables d’écoles, est séreine. Au lycée de Nkolmesseng, le censeur Georges Roland Eloundou Zobo se félicite du déroulement de cette première journée : « Nous avons débuté l’année sans incident. Les élèves et les enseignants ont massivement répondu présents. » Même constat au lycée bilingue d’Essos, où les salles de classe retrouvent progressivement leur animation après trois mois de vacances. Au lycée bilingue d’application, sis à Ngoa-Ékellé, le corps enseignant reste toutefois attentif au respect des formalités administratives. « Les actes de naissance doivent être vérifiés au plus tard à la fin de la semaine. Ces documents seront nécessaires pour les dossiers des examens et des concours.»
Plusieurs établissements n’ont cependant pas encore retrouvé leur pleine capacité. Bertrand Tamo, enseignant de mathématiques rencontré à Yaoundé, observe: « Comme chaque année, certains parents attendent les premiers jours pour finaliser les inscriptions. Les effectifs vont encore évoluer dans les semaines qui viennent. »
Dans les cours de récréation, des élèves découvrent également leur nouvel environnement avec plus ou moins d’enthousiasme. Parmi les visages mis en avant cette rentrée figure Anasthasie Sohaing, 18 ans, titulaire d’un baccalauréat D avec mention assez bien. Originaire de l’Est, la jeune fille a bénéficié d’un appui financier et matériel de la chefferie de son village. Déterminée à poursuivre ses études, elle affiche clairement son ambition : « Je veux devenir infirmière pour aider les autres et servir ma communauté. » Pour plusieurs acteurs du monde éducatif, la rentrée ne doit cependant pas faire oublier les problèmes de fond. « On parle souvent de la reprise des cours, mais très peu de l’état des infrastructures, de la motivation des enseignants ou des effectifs parfois très élevés dans certaines salles de classe », commente Ghislain Essémé, responsable syndical de l’enseignement.
Près de lui, un parent d’élève partage le même constat : « Nous sommes heureux que les enfants retournent à l’école, mais nous voulons aussi savoir dans quelles conditions ils vont apprendre durant l’année. »Alors que le ministère de l’Éducation de base et celui des Enseignements secondaires affichent leur confiance, la réussite de l’année scolaire dépendra autant de la présence des élèves que de la capacité du système à répondre aux attentes des familles et des enseignants. « La rentrée est toujours un moment important. Mais le véritable bilan se fera à la fin de l’année, lorsque nous verrons ce que les élèves auront réellement appris », résume un chef d’établissement qui a requis l’anonymat.
Au-delà des cérémonies de reprise et des statistiques de fréquentation, c’est donc la qualité de l’enseignement et la capacité de l’école camerounaise à préparer l’avenir des jeunes qui seront une nouvelle fois mises à l’épreuve.
Tom



