Réussite scolaire : élèves et enseignants tracent leurs sillons

De la 6e en Terminale, les ambitions sont diverses: obtenir de meilleures notes, décrocher un examen, intégrer une grande école ou simplement progresser. Elèves, enseignants et responsables administratifs évoquent leurs espoirs pour cette nouvelle année scolaire.

7h15 lundi, 7 septembre 2026, au Lycée de Ngoa-Ekellé à Yaoundé. Les élèves franchissent le portail de l’établissement. Certains arrivent accompagnés de leurs parents, d’autres rejoignent directement leurs camarades. Uniformes propres, sacs à dos et fournitures scolaires en main, ils prennent progressivement possession de la cour. Dans les conversations, les vacances sont rapidement reléguées au second plan dans les conversations. Il faut retrouver sa classe, découvrir les nouveaux enseignants et surtout connaître les exigences de l’année qui commence.
Certains élèves, moins expressifs, se distinguent du lot. Ce sont les nouveaux élèves de la 6e. Après le passage du primaire au secondaire, il faut désormais s’adapter à un nouvel environnement, à plusieurs enseignants et à un rythme de travail différent. « Je veux bien travailler et avoir de bonnes notes. Le Lycée c’est un univers different. Tout est different et je comprend pourquoi ma maitresse disait qu’après le CEP, nous allons grandir », confie un jeune élève encore marqué par l’excitation de sa première journée au secondaire.
En 5e et en 4e, les objectifs commencent à se préciser. Certains veulent améliorer leur classement, d’autres souhaitent rattraper leurs difficultés dans certaines matières. Kevin, élève de 5e au Lycée Bilingue d’Essos, a déjà établi ses objectifs. « Je veux être parmi les cinq premiers au premier trimestre, puis parmi les trois premiers. Mon objectif est d’être major à la fin de l’année », affirme-t-il. Cette ambition s’ancre dans ses résultats satisfaisant de l’année précédente, 14 de moyennes.
Second cycle et préoccupations accrues
La perspective du BEPC donne une autre dimension aux sujets de préoccupations des élèves de la classe de 3e à cette rentrée. Les résultats obtenus tout au long de l’année devront préciser l’idée d’une réussite à l’examen. « Je veux particulièrement travailler les mathématiques et les sciences. Je voudrais poursuivre dans une série scientifique », explique Gertrude. C’est dire en peu de mots combine les préoccupations évoluent au second cycle. Il faut s’adapter dès la classe de Seconde aux nouvelles exigences. En Première, certains commencent déjà à préparer le baccalauréat. En Terminale enfin, tout l’univers se recentre autour de l’examen official. Mireille, 16 ans, élève de Terminale D, veut faire mieux que l’année précédente. « J’ai obtenu 10,50 au dernier Bac blanc. Cette année, je vise une mention Bien. Je souhaite poursuivre mes études à l’ENS de Yaoundé », indique-t-elle. Pour elle, cette ambition passe par une meilleure organisation et davantage de régularité pour ne pas connaitre à nouveau les déconvenues passées.
Cette volonté de progresser se traduit aussi par le recours aux cours de répétition. Dans plusieurs familles, les parents prévoient déjà des séances supplémentaires pour accompagner leurs enfants. D’autres élèves privilégient le travail en groupe ou les ressources disponibles sur Internet. Le téléphone portable fait notamment partie des outils utilisés pour rechercher des contenus pédagogiques. Mais les enseignants appellent à la prudence. « Le téléphone peut être utile pour les recherches et certains apprentissages, mais il peut également devenir une source importante de distraction. L’élève doit apprendre à faire la différence entre temps d’étude et temps de loisir », explique un enseignant.
Discipline et assiduité en maître-mot
Les ambitions se rencontrent et les moyens de réussir s’alignent à la vision de l’administration scolaire du Lycée de Ngoa-Ekelle. Discipline et assiduité sont les maitres-mots du surveillant general. Il insiste sur le respect des horaires, de la tenue scolaire et du règlement intérieur. « Les élèves doivent comprendre que la réussite ne dépend pas uniquement des capacités intellectuelles. Le comportement, l’assiduité et la ponctualité sont également importants », fait-il savoir. Il est suivi dans cette logique du Censeur pour qui, les premières semaines constituent une période déterminante. « Nous encourageons les élèves à prendre immédiatement de bonnes habitudes. Il ne faut pas attendre le premier devoir ou le deuxième trimestre pour commencer à travailler sérieusement », souligne-t-il.
Dans les salles de classe, les enseignants tiennent également à rappeler les fondamentaux. Une professeure de français recommande aux élèves de « relire régulièrement les cours, enrichir leur vocabulaire et ne pas avoir peur de poser des questions ». En mathématiques, un autre enseignant insiste sur la pratique de la : « Il faut faire les exercices, corriger ses erreurs et reprendre les notions qui n’ont pas été comprises. » À mesure que la matinée avance, l’ambiance de rentrée laisse place au rythme habituel des cours. Les cahiers sont ouverts, les premiers enseignements commencent et les élèves découvrent progressivement les exigences de leur nouvelle année. Une chose reste cependant commune à tous : la rentrée marque le début d’une nouvelle étape. Les ambitions sont affichées. Le véritable défi sera désormais de les transformer en travail quotidien jusqu’à la fin de l’année scolaire.
Gaëlle Atangana (stagiaire)



