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Universités d’État : des milliards apurés, des amphis toujours fermés

16,959 milliards FCFA de dette académique. 7,294 milliards déjà payés. Des allocations annoncées comme soldées ou « en cours de paiement ». Et pourtant, dans les universités d’État, la grève continue. Vendredi 18 septembre, après plus de quatre heures de discussions au MINESUP, les chiffres n’ont pas réussi à produire l’accord attendu.

Dans les bureaux du MINESUP (ministère de l’Enseignement supérieur), le dossier se présente en colonnes. Une dette globale : 16,959 milliards FCFA. Une première partie déjà réglée : 7,294 milliards, soit environ 43 %. Et un gouvernement qui fait valoir les efforts consentis pour solder progressivement ses engagements.

Même scénario du côté des allocations de recherche. Le ministère des Finances indique que celles du quatrième trimestre 2025 et du premier trimestre 2026 ont été soldées. Le paiement du deuxième trimestre est, lui, annoncé comme étant en cours. Sur le papier, le mouvement est donc engagé. Les montants existent, les paiements sont comptabilisés, les échéances sont alignées.

Mais une université ne fonctionne pas sur un tableur.

Sur le terrain, l’attente demeure

Dans les établissements, la question est moins de savoir combien de milliards ont changé de colonne que de savoir ce qui est effectivement arrivé aux bénéficiaires. C’est là que le dialogue entre le gouvernement et le SYNES se grippe. Le syndicat réclame le règlement d’au moins 80 % du reliquat de la dette académique. Pour lui, les paiements déjà effectués ne suffisent pas à solder le contentieux. Le contraste est donc brutal : 43 % apurés selon le ministère ; 80 % du reliquat réclamés par le syndicat. Deux chiffres, deux lectures d’une même crise et derrière cette bataille comptable, il y a des enseignants qui attendent règlement de leurs créances et des chercheurs qui scrutent les échéances de paiement. Le temps administratif, lui, continue de s’étirer.

Quatre heures pour ne pas conclure

Vendredi, 18 septembre, les deux parties ont passé plus de quatre heures autour de la table. Pour finalement décider de… suspendre la réunion. Le SYNES doit désormais consulter sa base. La décision sur la suite du mouvement ne se prendra donc pas seulement dans les bureaux du ministère. Elle devra être discutée avec les enseignants mobilisés. Une nouvelle rencontre sera fixée. Le dialogue n’est pas rompu. Mais la grève n’est pas levée non plus.

Le paradoxe

C’est peut-être tout le paradoxe de cette crise : les chiffres donnent l’impression que les choses bougent ; le terrain rappelle qu’elles ne bougent pas assez vite. Pour le gouvernement, 7,294 milliards déjà apurés témoignent d’un effort. Pour le SYNES, le montant restant suffit à maintenir la pression. Entre les deux, il y a les amphithéâtres, les laboratoires, les enseignants et les étudiants, autrement dit l’université réelle. Une université qui ne demande pas seulement que les comptes soient mis à jour, mais que les engagements deviennent des paiements effectivement perçus. Pour l’heure, les calculatrices ont parlé. Les enseignants, eux, attendent encore.

Jean -René Meva’a Amougou

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