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SAGO 2026 : sur les traces du Fonds routier du Cameroun

Au cours de la dernière édition du Salon d’action gouvernementale (SAGO), la structure a misé sur les trois piliers de sa stratégie : le financement des collectivités territoriales, le renforcement du contrôle des travaux et la mise en œuvre d’une réforme qui élargit considérablement son champ d’action.

Le Fonds routier au SAGO : efficacité communicationnelle

Au SAGO 2026, le Fonds routier du Cameroun s’est donné des moyens pour s’ouvrir au public. À travers une parole structurée, des données chiffrées et une présence accrue sur le terrain, il trace une ligne claire : rendre lisible l’action publique sur les routes et ses résultats concrets.

Points
Premier axe mis en avant : le financement des routes relevant des collectivités territoriales décentralisées. Entre 2018 et 2026, le Fonds routier a mobilisé 132 milliards FCFA pour l’entretien des routes communales. À cela s’ajoutent 22 milliards FCFA transférés entre 2023 et 2026 aux conseils régionaux pour la maintenance du réseau routier régional.
Des montants jugés stratégiques au regard de la structure même du réseau national. Sur les quelque 122 000 kilomètres de routes que compte le Cameroun, les voies régionales et communales représentent plus de 90 % du linéaire total. Ces infrastructures constituent des maillons essentiels pour l’acheminement des productions agricoles vers les centres urbains et les grands marchés de consommation.

« Ce sont ces routes qui facilitent la circulation des produits des bassins de production vers les grandes métropoles », souligne l’institution, qui considère leur entretien comme un levier majeur du développement local et de l’intégration économique.
Le deuxième chantier concerne l’amélioration du contrôle de l’exécution des travaux. Le Fonds routier affirme avoir constaté des écarts entre les prestations réellement réalisées et les décomptes présentés par certaines entreprises attributaires des marchés.
« Certaines entreprises ne réalisent pas les travaux conformément aux cahiers des charges. Quelquefois, les décomptes qui nous sont transmis sont en décalage avec les réalités du terrain », expliquent les responsables de l’organisme.
Face à ces dérives, le dispositif de contrôle a été considérablement renforcé depuis 2022. Les équipes du Fonds routier multiplient les descentes sur les chantiers afin de vérifier la conformité des ouvrages et la bonne utilisation des ressources publiques.
Près de 300 projets ont ainsi été inspectés depuis le lancement de cette campagne de contrôle. Pour la seule année 2026, 56 chantiers ont déjà fait l’objet de visites. Une démarche destinée, selon les responsables de l’institution, à garantir que « chaque franc du contribuable camerounais soit effectivement consacré à la réalisation des projets attribués aux entreprises ».

Décret
Mais c’est surtout la réforme engagée en 2025 qui marque un tournant. Le 10 juillet de cette année-là, le président de la République a signé un décret réorganisant le Fonds routier et redéfinissant ses missions. Celles-ci couvrent désormais la collecte des ressources nécessaires au financement des programmes routiers, la protection du patrimoine routier national, les paiements liés aux projets, ainsi que la recherche et la mobilisation de financements sur les marchés nationaux et internationaux.
Deux innovations majeures ressortent de cette réorganisation. La première concerne la gestion des péages. Cette mission, auparavant assurée dans le cadre du Programme de sécurisation des recettes routières logé à la Direction générale des impôts du ministère des Finances, revient désormais directement au Fonds routier.

La seconde ouvre à l’institution la possibilité de lever des ressources supplémentaires auprès des bailleurs et des marchés financiers. Une prérogative qui pourrait permettre d’accroître les capacités de financement des infrastructures dans un contexte où les besoins d’entretien et de modernisation du réseau routier demeurent considérables.
À travers cette réforme, le Fonds routier entend ainsi passer du statut de simple caisse de paiement à celui d’un véritable gestionnaire des ressources routières, doté de moyens élargis pour assurer la pérennité des infrastructures et soutenir le développement des territoires.

Jean -René Meva’a Amougou

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