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Lolodorf : la promesse d’un Sud camerounais authentique

Entre forêts équatoriales, traditions ancestrales et richesses agricoles, l’arrondissement de Lolodorf, dans le département de l’Océan, entend désormais faire entendre sa voix bien au-delà des frontières du Sud-Cameroun.

À l’occasion de la 15e édition du Salon de l’action gouvernementale (SAGO), cette terre discrète a choisi de se dévoiler au grand public et aux investisseurs à travers une ambition clairement affichée : transformer ses atouts naturels et culturels en leviers de développement. Alors que les stands des administrations publiques présentaient leurs réalisations, un autre espace attirait les visiteurs par son slogan évocateur : « Le Grand Lolodorf, réveillons le potentiel ». Plus qu’une simple participation au SAGO, la présence de l’arrondissement relevait d’une véritable opération de promotion territoriale. « Nous sommes présents dans une dynamique de valorisation de notre arrondissement. Il est question de dévoiler notre potentiel agropastoral et écotouristique », explique Wilson Donald Samama, l’un des exposants.

Située à environ deux heures de Yaoundé par Ngomedzap et Mvengue, à une heure et demie de Kribi et à seulement 56 kilomètres d’Eséka, la localité bénéficie d’une position stratégique. Véritable carrefour entre la capitale politique et la cité balnéaire de Kribi, Lolodorf apparaît comme une porte d’entrée vers un Sud profond encore largement préservé.

Une nature généreuse
Sur près de 91 000 hectares, l’arrondissement déploie ses paysages au cœur de la forêt équatoriale humide. Un environnement favorable à une agriculture diversifiée où prospèrent bananiers plantains, hévéas, agrumes, palmiers à huile et cultures maraîchères.

L’élevage y occupe également une place importante, avec des activités de production bovine et avicole qui complètent les revenus des populations locales.
Autre singularité du territoire, le fleuve Lokoundjé, véritable colonne vertébrale de la région, serpente à travers les vingt-sept villages qui composent l’arrondissement. Cette richesse hydrographique offre des perspectives pour le développement d’activités de pêche et de tourisme de nature.

Sur les traces de l’histoire coloniale
Si la nature constitue l’un des principaux attraits de Lolodorf, son patrimoine historique mérite également l’attention. La ville conserve encore plusieurs témoins de la présence allemande au Cameroun. L’actuelle sous-préfecture, bâtie durant la période coloniale, ainsi que l’école de théologie de Bibia rappellent ce passé et confèrent à la localité une identité architecturale singulière.
Mais le véritable trésor de Lolodorf réside sans doute dans sa diversité humaine. Le territoire abrite vingt-trois campements pygmées, principalement peuplés de Badjelè et de Bakola. À Bipindi, Ngobayang, Bikoui, Madong ou encore Ngoyang, les visiteurs peuvent découvrir des pratiques culturelles, des chants et des danses qui perpétuent un héritage plusieurs fois centenaire.

Un laboratoire du vivre-ensemble
Mbikiliki, Bikalla, Bibondi, Bikoka, Bingambo, Mangouma ou encore Bigbally : les vingt-sept villages de Lolodorf dessinent une mosaïque humaine remarquable.

Aux côtés des communautés Ngoumba vivent des populations Fang, Ewondo, Bassa, mais également des ressortissants des régions anglophones et de l’Ouest du Cameroun. Un quartier haoussa témoigne également de cette diversité. « Nous vivons en harmonie avec les communautés présentes sur nos terres », souligne Wilson Donald Samama.
Cette cohabitation pacifique a donné naissance à une société ouverte où les activités économiques se sont progressivement diversifiées. Agriculture, élevage, pêche, exploitation forestière, transport, énergie solaire, petites et moyennes entreprises et complexes hôteliers participent aujourd’hui à la dynamique locale.

Saveurs et traditions
Le voyageur curieux pourra également partir à la découverte de la gastronomie locale. Parmi les spécialités emblématiques figure le « ndo’o », mets traditionnel à base de pistaches particulièrement apprécié dans la région. Une cuisine généreuse qui complète l’expérience culturelle offerte aux visiteurs et participe à l’identité de cette terre du Sud.

Briser les clichés
Longtemps, les récits hérités de l’époque coloniale et certains manuels scolaires ont entretenu une image réductrice de Lolodorf, souvent associée exclusivement aux populations pygmées vivant en marge de la modernité. « Lolodorf s’est transformé, s’est modernisé. Certaines communautés ont choisi de préserver leur mode de vie et leurs traditions, mais l’ensemble de la localité a évolué », insiste l’exposant.

Car derrière les grands arbres de la forêt équatoriale et les eaux tranquilles de la Lokoundjé, Lolodorf nourrit désormais une ambition plus vaste : devenir une destination de découverte, une terre d’opportunités économiques et un exemple de coexistence harmonieuse au cœur du Sud-Cameroun. « Nous voulons attirer les visiteurs, les investisseurs, les entrepreneurs et les touristes. Nous sommes dans une logique de marketing territorial pour présenter toutes les richesses de Lolodorf », résume Wilson Donald Samama. Une invitation au voyage vers l’un des territoires les plus méconnus du Cameroun, où nature, mémoire et hospitalité composent un patrimoine encore largement à explorer.

Olivier Mbessité

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