Politique de l’import-substitution : l’IE237 entend apporter son expertise pour sa relance

Le Think do tank ambitionne redonner la souveraineté économique du Cameroun au regard de sa balance déficitaire d’une part et de la guerre informationnelle d’autre part pour répondre aux attentes de la Zlecaf.

Le Centre de Recherche en Management et Economie (CERME) l’institution scientifique rattachée à la Faculté des Sciences économiques et de gestion (FSEG), Université de Dschang organise les réflexions sur la promotion et la valorisation du « Made in Cameroon », ceci à l’aune de la politique de l’import-substitution. Le fil conducteur des assises s’articule sur le thème : « Produire localement, transformer durablement : Substitution aux importations et construction d’une souveraineté économique au Cameroun ». Prendront part à ce banquet du savoir l’IE237 le Think do tank, les ministères sectorielles (ministère du Commerce, le Minader, Minepat), les organisations patronales, les chambres consulaires, la société civile, entrepreneurs, startups agrotech, institutions financières, les universitaires et chercheurs. En effet, la politique de l’import-substitution est lancée en 2021. Elle s’inscrit dans le cadre de la Stratégie Nationale de développement (SND30). Rendue en 2026, les experts procèdent à l’évaluation à mi-parcours. « Le Cameroun a fait de la substitution aux importations un pilier de la Stratégie nationale de développement (Snd 30). En 2026, l’évaluation à mi-parcours de cette stratégie coïncide avec le déploiement du Plan Intégré d’import-substitution agro-pastoral et halieutique (PIISAH 2026), doté d’une enveloppe de 1371, 5 milliards », peut-on lire le dossier de presse parvenu à la rédaction. En revanche, la volonté politique de fermer les frontières aux importations se heurte à une réalité ; un tissu industriel local encore fragile, un déficit d’infrastructures énergétiques, routières et de stockage, et un besoin persistant d’importer les machines nécessaires pour produire localement.
Zlecaf
La conférence n’est pas un exercice académique isolé : elle se positionne au cœur du débat sur la souveraineté économique du Cameroun et sur sa capacité à transformer un discours politique en résultats mesurable. Elle interroge les conditions réelles financières, technologiques, règlementaires de la réussite du « Made in Cameroon », à un moment où le pays doit honorer ses engagements de libre-échange dans le cadre de la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf). Elle poursuit plusieurs enjeux : l’enjeu de souveraineté ; traduire l’ambition politique d’indépendance économique en stratégie industrielle viable, plutôt qu’en simple fermeture tarifaire, l’enjeu d’intelligence stratégique informationnelle : intégrer les thinks do tank et les acteurs de la réflexion stratégique tels que IE237, afin de renforcer la lecture des enjeux économiques, informationnels et cognitifs liés à la souveraineté économique et à la guerre informationnelle contemporaine. L’enjeu social n’est pas de moindre, il s’agit de mesurer l’impact du protectionnisme sur le pouvoir d’achat des ménages avant que l’offre locale ne soit prête à prendre le relais. L’enjeu de méthode s’invite aux réflexions, il s’agit de faire de la recherche universitaire un outil d’action publique directement connecté au tissu agro-industriel national.
En clair : c’est le moment où l’université, les décideurs publics et les entrepreneurs sont mis autour de la même table pour répondre à une question simple mais décisive : le Cameroun peut-il réellement se nourrir, s’équiper et se transformer par lui-même ? Pour répondre aux blocages de la politique de l’import-substitution trois panels vont meubler la conférence ; le panel 1 axe ses réflexions sur le piège de la compétitivité-prix et le paradoxe des biens de capital. Le protectionnisme déplace-t-il simplement la dépendance des produits de consommation vers les équipements ? Ce panel est constitué des membres de l’IE237, ils apporteront un éclairage sur les enjeux stratégiques de la dépendance aux biens de capital, les vulnérabilités qu’elle induit pour la souveraineté économique du Cameroun, ainsi que les leviers de résilience et de compétitivité à mobiliser dans un contexte de guerre économique, le panel 2 porte sur le choc inflationniste de transition et le défi infrasturel des territoires ; comment limiter l’inflation par les couts et rendre les « communautés de production viables ? », le panel 3 s’interroge sur le paradoxe de l’intégration régionale face à la préférence nationale ; comment le « Made in Cameroon » peut-il face à la Zlecaf ?.
Olivier Mbessité


