A la unePANORAMAPORTRAIT DÉCOUVERTE

Pérennisation des langues maternelles : Sous le marteau du brassage culturel

Nonobstant le vivre ensemble qui est une réalité, il faut souligner que les mariages exogamiques, et l’exode rurale concourent à l’extinction des langues locales.

La sauvegarde des langues maternelles par l’apprentissage.

Le mariage interculturel se tisse au Cameroun sans anicroches. Malgré le regain des replis identitaires qui refait surface. Néanmoins le brassage culturel a contribué à renforcer l’Unité nationale. Les Camerounais mus par l’esprit du vivre ensemble s’ouvrent aux autres cultures (tribu) découvrent leurs richesses, et leurs spécificités. Il est facile de voir un Bamiléké épouser une bulu, Ewondo, les bassas qui tissent des mariages avec les femmes du septentrion et vice-versa. Les cérémonies nuptiales sont célébrées avec faste et solennité, avec la bénédiction des familles signe d’une alliance scellée. En revanche, dans le foyer, il y a des blocages pour les couples d’apprendre les langues maternelles des deux parents aux enfants. La langue de communication est le français. « Mon époux refuse d’apprendre sa langue maternelle aux enfants, lorsqu’il constate que l’enfant prononce un mot de ma langue il se fâche que j’apprenne aux enfants l’une de nos langues », regrette une mère ayant requis l’anonymat. La situation est similaire même dans les foyers endogamiques, les parents parlent la même langue, mais au nom de la modernité, ils refusent de transmettre ce patrimoine immatériel à leurs progénitures. Une situation qui n’est pas sans conséquences sur la survie des langues nationales « C’est une préoccupation importante que l’on soulève, il convient de souligner que les langues comme le dit le secrétaire exécutif du CERDOTOLA sont comme des êtres humains qui naissent, grandissent et meurent. Ceci suppose qu’une langue qui n’est pas entretenue, parlée elle va s’amenuiser et finir par disparaitre », fait savoir Théophile Tatsitsa chargé de la communication au Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et les langues africaines (CERDOTOLA). Il ajoute, l’exode rurale est à mettre à l’actif des facteurs qui contribuent aussi à étioler l’usage des langues nationales « Les mobilités humaines d’une région à l’autre contribue aussi à amenuiser l’usage des langues maternelles. Dans à l’Ecole maternelle, les enseignantes font usage des deux langues officielles issues de la colonisation (Français et l’Anglais). Ces langues officielles deviennent les langues maternelles de l’enfant, lorsque l’enfant rentre à la maison, les parents continuent et se réjouissent de s’exprimer dans une langue étrangère », regrette le chargé de communication du CERDOTOLA.

Retour aux sources
Selon notre interlocuteur la survie de nos langues maternelles est une affaire de toutes les communautés soucieuses de ne pas voir leur véhicule de communication disparaitre. « Nous devons prendre pour exemple ce qui est fait ailleurs. Nous devons mettre sur pied l’alphabet, sa grammaire et les codifier ». Le Cameroun est un jeune Etat qui se construit sur des aires culturelles (Soudano-sahélienne, Sawa, les Grassfields, les Beti et les Fang). Et la politique de l’Etat c’est d’accorder toutes les langues la même valeur. « Il ne va pas sauver une langue et laisser une autre, pour développer une langue qui va dominer sur d’autres. Ce qui revient aux communautés de prendre conscience de leur responsabilité pour la préservation. Ceci peut se faire avec l’accompagnement de l’Etat et les institutions comme le CERDOTOLA », pense Théophile Tatsitsa, chargé de communication chargé de communication au Centre international de recherche et de documentation sur les traditions et langues africaines (CERDOTOLA). En outre, le rôle des médias est fondamental. « Si nous voulons sauver nos langues, on doit mettre les moyens pour qu’elles soient parlées dans les radios communautaires, dans les localités. On doit faciliter la tâche aux parents en développant des outils pédagogiques d’apprentissage. Nous devons adapter nos programmes, contes et légendes dans nos langues et enfin, il faut basculer aussi sur les plateformes digitales.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page