A la unePANORAMAPORTRAIT DÉCOUVERTE

C2D dans le grand-Nord : Garoua et Maroua, deux vitrines urbaines sous les lampadaires

Le Contrat de Désendettement et de Développement (C2D) urbain, financé par la France et piloté par l’État camerounais, s’est progressivement étendu aux capitales régionales. Dans le Septentrion, Garoua a été servie dès 2011, Maroua en 2016, mais Ngaoundéré reste absente du dispositif.

Membres de la Brigade d’intervention générale aux arrêts

Sur les deux voies de Domayo, des marouaens, assis dans un bistrot à la périphérie de la chaussée, sont dithyrambiques lorsqu’on aborde des sujets sur les travaux de voirie lancés sous le C2D. « Il y’a quelques temps, nous ne pouvions pas nous asseoir dans ces endroits. La poussière qui envahissait nos rues donnait à cette ville des allures d’un village sahélien abandonné. Mais maintenant, ça va beaucoup mieux. On peut respirer aisément », commente Harouna, vendeur de soya. À quelques mètres, Ibrahim, déplacé interne venu de Kolofata, ajoute : « La ville est saturée par les arrivées. Les infrastructures permettent de faciliter la mobilité urbaine. On se demande pourquoi Maroua n’a pas été prioritaire dès le départ ». Ces voix traduisent une réalité : dans une région marquée par l’insécurité et les flux migratoires, l’accès aux services urbains reste une urgence quotidienne.
À Garoua, les habitants reconnaissent que le programme a apporté des améliorations visibles. « Les routes principales ont été refaites, et certains quartiers ont gagné en éclairage public

», explique Adamou, enseignant vacataire dans un lycée de la ville. Mais il nuance : « Les périphéries restent oubliées. Le C2D a surtout touché le centre-ville ». Gabo Ousman, agent communal, joint au téléphone par Intégration, défend le bilan :
« Garoua a été choisie dès 2011 pour sa position stratégique dans le Nord. Les projets ont permis de renforcer l’attractivité économique de la ville ».
Dans l’Adamaoua, l’absence du chef-lieu du programme est vécue comme une injustice. « Nous accueillons des milliers de voyageurs et migrants chaque année, mais nos routes et marchés sont délabrés », déplore Marie-Claire, étudiante à l’Université de Ngaoundéré. Il faut rappeler que le dispositif mis en place par le C2D a permis rétrocéder des projets mis en place aux collectivités territoriales décentralisées.

Tom

Articles similaires

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page