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Normes sanitaires de références de l’OMS : le Cameroun marque des pas de géants

Le réseau de santé s’est densifié durant les sept dernières années. Il en est de même des offres de soins et du plateau technique des formations sanitaires.

Vue de l’Hôpital général de Yaoundé

La carte sanitaire du Cameroun a connu une évolution notoire sur la période 2018-2026. A bien des égards, la situation actuelle se compare favorablement aux normes de références de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Notamment en matière de disponibilité de formations sanitaires (FOSA). Le pays enregistre à ce jour 10 formations publiques pour 100 000 habitants suivant les standards. Ces derniers, joints aux formations privées, atteignent le ratio de 26 Fosa pour 100 000 habitants. Les capacités d’accueil des structures de santé elles même se sont accrues ces dernières années, avec 2.8 lits pour 1000 habitants, le pays se hisse au-dessus de la norme OMS de 2,5. Les progrès enregistrés sur la période sous revue s’étendent de façon générale à l’ensemble du réseau sanitaire du pays. On y compte à ce jour 215 districts de santé contre 189 en 2018 ; mais aussi 2350 aires de santé contre 1800 sept ans plutôt. « Le plateau technique de nos formations sanitaires a été considérablement renforcé. Par voie de conséquence, la qualité, le niveau de prestations dispensées se sont améliorés avec des prouesses continues enregistrées dans établissements hospitaliers désormais portés en pôles d’excellence dans plusieurs disciplines pointues», soutient le ministre de la Santé, Manaouda Malachie, dans une récente publication de son département.

Mortalité maternelle en recul
Il y a une forte embellie dans le domaine de la santé de la reproduction au Cameroun. Et pour en témoigner, les données éclairent sur l’ampleur du recul de la mortalité maternelle. Soit 77,7 décès pour 100 000 naissances vivantes dans la période 2019 et 2023 ; En 2018 encore, la barre était de 406 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. Soit un taux annuel moyen de réduction de 6,3% par an. L’amélioration de l’offre de soins en faveur du nouveau, l’expansion du réseau des soins obstétriques et néonatals d’urgence, ainsi que le renforcement du système logistique pour la sécurisation des produits de la santé de reproduction ont conduit à une baisse d’environ 2,4 décès néonatals pour 1000 naissances vivantes. Ce qui correspond à une baisse de 8,6% par rapport aux 28/1000 naissances vivantes en 2018. «Il n’y a pas que les financements du PLANUT (Plan d’urgence triennal pour l’accélération de la croissance économique) qui ont permis de changer le visage des Fosa. Les financements levés dans le cadre le riposte Covid-19 ont également permis de relever substantiellement les plateaux techniques en imagerie médicale, oxygénothérapie et capacité de prise en charge des réanimations lourdes», indique l’administration tutelle dans son document sur les formations sanitaires de 2024. Toutes choses qui remettent à l’ordre du jour la riposte organisée contre diverses épidémies, à l’instar du choléra, de la Mpox et la pandémie du Covid-19, entre autres. Ce qui aura permis de: renforcer l’offre de formation en épidémiologie de terrain ; la gestion des urgences sanitaires et le renforcement des capacités de laboratoire.

Immigration des personnels de santé
Toutes ces innovations se traduisent par une réduction des évacuations sanitaires vers l’étranger. L’on est ainsi passé de 77% en 2018 à 42% en 2023; Dans la même période, les prises en charge nationales n’ont cessé d’augmenter. Passant de 53% des passants traités sur le territoire national contre 80% à fin 2023. Le pays reste cependant confronté à des défis divers. A l’occurrence les coûts de santé élevés pour lesquels des solutions sont envisagées dans le cadre de la mise en œuvre de la couverture santé universelle (CSU). La fuite massive des blouses blanches reste cependant le plus grand défi auquel se frotte le système médical camerounais. Le pays fait face à une pénurie de personnels de santé. Pour en matérialiser la chose, les statistiques officielles hisse le Cameroun au 2e rang des pays pourvoyeurs de main d’œuvre du Canada. Le phénomène ne s’arrête pas là puisque 28,2% des personnels de santé interrogés lors d’enquêtes du ministère de la Santé déclarent leur intention d’immigrer. La question est adressée dans les plus hautes instances de l’administration camerounaise ; qui a ouvert des perspectives de solutions. Ces dernières comprennent l’amélioration de la gouvernance du secteur, la revalorisation salariale, le respect de l’équité dans le cadre des procédures de déploiement, la formalisation du statut des agents de santé communautaires, entre autres.

Louise Nsana

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