Petite économie : les opérateurs économiques inondés de pièces de monnaie

Boutiquiers, call-boxeurs, barmans et bien d’autres secteurs ne se plaignent plus du manque de devises

Le trop plein de pièces énerve Jonas. Ce transporteur opérant sur l’axe Awae escalier-Mfou se retrouve avec 15 000 FCFA de pièces, « toute la journée les passagers ne payent qu’en pièces. Très peu ont les billets. Sa devient trop pénible surtout lors de la comptabilité », évoque t-il. Comme une blague il demande aux passagers qu’il porte dans la nuit de mercredi 22 juillet dernier aux environs de 20h de lui donner les billets, « j’espère que vous me donnerez les billets. Je ne prends plus les pièces », ironise le chauffeur. Pour se débarrasser de ces pièces, il carbure dans une station service et paye en pièces, « je te fais la monnaie aujourd’hui », dit-il. « Nous avons aussi beaucoup de pièces ici. Mais on obligé de tout prendre », réagi la serveuse.
C’est le même constat du côté de de la barrière dans le 3e arrondissement. Dans une boutique tenue par une famille rwandaise, le débat sur l’excès de pièces de monnaie occupe le devant de la scène ce jeudi 23 juillet. Ils sont étonnés de ne plus avoir à marcher pour trouver la petite monnaie, « depuis un certain temps on ne marche pas pour trouver la monnaie. C’est du jamais vu depuis plus de 10 ans que je suis ici », estime Dikoumana, un des membres de la famille. Ils espèrent que cette présence de pièces dans le circuit économique est un grand avantage pour eux, « les échanges sont devenus très fluides et on perd moins. Avant, bon nombre de personnes rentraient sans produits à cause du manque de pièces. On était parfois contraint de rester avec l’argent des clients », renchérit la mère de la famille.
Même Josiane, la voisine des rwandais tenancière d’un bar se déplace de moins en moins pour trouver les pièces de monnaie. Elle trouve que la prolifération des pièces limite les risques d’accident, « j’étais obligée d’envoyer mes garçons chercher la petite monnaie. Ils devaient traverser la route. Ma fille de 8 ans a été touchée par une moto parce qu’elle traversait en courant la route en courant. Les pièces sont vraiment bienvenue », se satisfait le vendeuse de boissons.
Même les call boxeurs sont aussi satisfait d’avoir la petite monnaie. Jules Vendeur travaille de nuit au quartier borne 10 Odza, dit avoir moins de pertes actuellement. Il devait parfois se déplacer pour trouver la monnaie. En laissant son comptoir, il avait des pertes, « les sachets de whisky, la cigarette, les bonbons. On me volé tout ça quand je cherche la monnaie.
André Gromyko Balla


