Législatives et municipales : la GRPC en quête de nouveaux visages
À l’approche des élections législatives et municipales, la Génération Républicaine et Patriote du Cameroun (GRPC) lance un appel national à candidatures. Ce parti politique veut attirer une nouvelle génération de responsables politiques, mais sur le terrain, les attentes des citoyens et les interrogations des observateurs tempèrent l’enthousiasme affiché.

Dans un communiqué diffusé sur les réseaux sociaux et relayé dans les quartiers de Yaoundé, la GRPC invite les Camerounais à se porter candidats pour les postes de conseillers municipaux, députés et maires. Pour un cadre de ce parti, « le Cameroun a besoin d’hommes et de femmes patriotes, compétents et engagés ». L’ambition est claire : s’implanter dans les collectivités locales et peser davantage à l’Assemblée nationale.
À Mvog-Ada, quartier populaire de Yaoundé, l’annonce suscite curiosité et scepticisme. « On veut bien croire au renouvellement, mais il faut que ces nouveaux visages soient proches des réalités des populations », explique Clarisse, tenancière d’un call box au Petit marché. Dans un cybercafé d’Obili, Rodrigue Assam, étudiant en lettre, voit dans l’initiative une opportunité. Il estime que « si le parti ouvre ses portes aux jeunes, c’est une chance de participer à la vie publique. Mais il faudra prouver que ce n’est pas seulement une opération de communication ».
La GRPC met en avant des principes de justice sociale, d’égalité et d’unité nationale. Son slogan, « Le Cameroun pour tous les Camerounais », traduit une volonté de rassemblement. Mais certains électeurs restent prudents. « Les partis émergents parlent souvent de changement, mais une fois élus, ils reproduisent les mêmes pratiques », souligne Choga Raphaël, enseignant à Nkolbisson. Pour lui, cette démarche illustre une tendance plus large : « les formations émergentes cherchent à occuper l’espace laissé par les grands partis traditionnels. L’usage des plateformes numériques, comme WhatsApp, montre une volonté de toucher directement les jeunes électeurs. Mais la crédibilité se mesurera à la qualité des candidats et à leur capacité à répondre aux attentes locales ». Il rappelle que les élections municipales et législatives sont souvent marquées par une forte abstention, liée au désenchantement des citoyens face aux promesses non tenues. « Si la GRPC veut se distinguer, elle devra convaincre par des actes concrets », insiste-t-il.
Dans les quartiers périphériques de Yaoundé, les préoccupations restent centrées sur l’emploi, les infrastructures et les services sociaux. « Nous voulons des élus qui parlent de routes, d’eau et d’électricité, pas seulement de slogans », Alex, chauffeur-taxi. Cette exigence traduit une réalité : les électeurs attendent des solutions tangibles à leurs problèmes quotidiens. La capacité de la GRPC à incarner ce renouvellement dépendra de son aptitude à présenter des candidats crédibles et proches des communautés.
L’ouverture des candidatures par la GRPC marque une étape dans la recomposition politique en cours. À l’approche des scrutins, la compétition s’annonce plus animée, avec une multiplication des offres partisanes. Mais l’épreuve de vérité se jouera dans les urnes et sur le terrain.
Tom



