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SIARC 2026 : ce qu’on a vu du savoir-faire des communautés

L’évènement a ouvert, du 27 juillet au 05 août 2026, un angle de vue sur la manière dont se pérennisent et se valorisent la richesse culturelle nationale. La 9e édition du SIARC a donné une vitrine d’exposition aux terroirs, mais aussi à des narratifs qui se construisent dans la progressivité et la résilience.

Les artisans de la région du Sud autour des autorités publiques et traditionnelles de la localité

la région du Sud entre Sculpture et agroalimentaire
Le Salon international de l’artisanat du Cameroun (SIARC) est une plateforme d’expression des aires culturelles du terroir. Les artisans à travers les richesses patrimoniales, puisent les matières premières pour transformer et l’adapter à la modernité. Une ingéniosité qui sied à la thématique de cette 9ème édition intitulée : « Entre tradition et modernité : Comment stimuler l’innovation artisanale ? » Le stand de la région du Sud située dans la grande forêt dense équatoriale s’impose au Musée National. Plusieurs richesses des différents départements sont exposées. « Nous exposons du bois et tous ses dérivés et l’agroalimentaire. Dans ma suite j’ai quarante exposants toute filière confondue. Nous avons quatre départements. L’Océan est représenté par les coquillages, la Vallée-du-Ntem excelle dans la transformation agroalimentaire et la couture des habits traditionnels de l’aire culturelle Ekang, la Mvila s’identifie dans la transformation du bois massif et léger, la sculpture on y trouve des tableaux qui portent des informations des Ekangs, il y a les sièges, les fauteuils des chefs et les masques Ekangs », confie Jean Calvin, sculpteur de bois, président des artisans du Sud. En dehors des meubles faits à partir du bois ou les matériaux tirés de forêts, il y a le vestimentaire. « Nous avons les tissus traditionnels faits à base de l’écorce de bois appelé « l’obom » qui fait l’habillement des chefs traditionnels des régions de l’Est, Centre et le Sud, le nord du Gabon, la Guinée Equatoriale, Sao Tome et Principe, tout le monde peut bien le porter. L’on peut coudre son habit et par galanterie mettre un petit morceau d’obom pour se faire identifier.

Dès que l’on voit on sait que c’est un Fang Béti, c’est notre identité, même si les jeunes ne veulent pas se former pour assurer la relève», explique le Jean Calvin Elé.
L’industrie artisanale de la région du Sud est fluorescente et très diversifiée. L’apanage des femmes, le secteur agroalimentaire est une niche d’emplois, relevant de l’entrepreneuriat. Les femmes transforment le cacao, le jus de cacao, le whisky de cacao, les dérivés du palmier à huile, du manioc. Pour ce qui est des expositions l’on peut dire que le « Made in Cameroon » décolle, et que la politique de l’import-substitution est assimilée par les Cameroun et que l’on doit manger ce qui est produit localement. Pour cette édition l’innovation est ce thé appelé « le zong ou le minding-me zong » une recette très importante pour les vieillards pour l’entretien des organes de base, mais aussi dans l’amélioration de la santé, il soigne d’autres maladies notamment l’hypertension artérielle, le stress. La journée artisanale de la Région du Sud, a connu la forte présence des autorités de la localité à l’instar du ministre des Finances (MINFI) Louis Paul Motaze et du ministre des Postes et Télécommunications (MINPOSTEL)Minette Libom LI Liken et des Chefs traditionnels, tous ont magnifié et encouragé les dignes fils et filles qui par leur génie font retour aux sources , puiser dans les richesses patrimoniales les transformer pour conquérir le Cameroun en particulier et l’Afrique toute entière. Des initiatives saluées par le chef section formation au village artisanale régionale du Sud.

Au Nord-Ouest, un artisanat résilient
Les artisans du Nord-Ouest ont bravé les difficultés liées au conflit armé qui sévit depuis dix ans pour se déplacer à Yaoundé et venir exposer leur savoir-faire. Les journées villes sont d’actualité. Il n’est pas facile de se mouvoir d’une localité à l’autre. Conséquences tous les artisans ne sont pas tous à ce rendez-vous culturel et économique pour s’ouvrir et partager avec les autres leurs expériences. Néanmoins, Yannick Foriben NGU salue les actions menées par les autorités jusqu’ici pour le retour à l’accalmie. « L’Etat nous encourage, malgré la crise les pouvoirs publics sont avec nous, mais nous les supplions à ne pas cesser leurs efforts, parce qu’il y a des artisans qui sont dans les zones à risques non seulement ils ne peuvent pas travailler, mais aussi ils ne peuvent pas se déplacer parce que la peur est devenue leur compagnon au quotidien », laisse-t-il entendre. Nonobstant, le climat délétère dans le Nord-Ouest, les objets d’art présentés et la transformation dans l’agroalimentaire montrent à suffisance l’énorme potentiel. Nous sommes venus avec les produits finis et transformés à l’instar du soja, les thés, la poudre cacao, le bonbon de cacao, la bouillie. « Tous ces produits du cacao sont très excellents pour notre santé, ils nous donnent de l’énergie, c’est du prêt à consommer et à exporter parce que c’est bien emballé et conservé », explique Foriben Yannick Ngu, délégué départemental de Boyo au MINPMEESA. Parmi les produits exposés, le « togho », le tissu traditionnel du Nord-Ouest frappe à l’œil, et séduit par la couture faite qui mêle le traditionnel et la modernité. « C’est un tissu qui s’impose à l’international, on a souvent les athlètes arborer dans les grandes compétitions, c’est une identité. Le tissu aujourd’hui est démocratisé, ce n’est plus l’exclusivité des ressortissants du Nord-Ouest, tous les Camerounais peuvent le porter aux prix abordables à tous », explique l’orateur. « En revanche, le togho porté par l’imagerie populaire se distingue de celui porté par les chefs traditionnels, il n’est pas à la portée de tous au regard de son design, les dessins et bien d’autres », explique-t-il.

La sculpture fait partie des activités lucratives dans le Nord-Ouest. Parmi les objets illustrés, il y a les chaises royales, les meubles, tous ces meubles viennent du département du Bui, il y a d’autres départements qui font dans le domaine. « Nous sommes venus avec quelques échantillons pour exposer, valoriser pour montrer que le Nord-Ouest est riche dans sa culture, et dans son savoir-faire », pavoise, Foriben Yannick Ngu, délégué départemental de Boyo. Le bilan du SIARC dont le rideau se referme le 5 août 2025 est positif. « Nous avons rencontré assez des visiteurs, le public admire nos œuvres, les étrangers les français, les Algériens, les Ivoiriens, sans exclure d’autres régions qui viennent visiter notre stand. Nous faisons des échanges, c’est très intéressant. Il y a ceux qui viennent pour tisser des partenariats pour booster le secteur artisanal du Nord-Ouest, la venue des pays étrangers au SIARC n’est pas anodine c’est plus pour signer des partenariats avec les autres », fait savoir l’interlocuteur. Le SIARC un évènement biennal qui reçoit l’appui multiforme du ministre des Petites et Moyennes Entreprises de l’Economie Sociale et de l’Artisanat (MINPMEESA) Achille Bassileken III.« Il encourage à créer des contacts, il y a des échanges pour améliorer leurs rendus, il y a également des séminaires pour éduquer les artisans sur le comment améliorer leurs produits, toutes ses mesures sont prises en charge par le ministre des PMEs pour nous permettre d’être compétitif, pour ce faire nous devons passer de la tradition à la modernité », se réjouit Foriben Yannick Ngu, délégué départemental MINPMEESA de Boyo.

Olivier Mbessité

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