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À Bonanjo (Douala) : des fleurs allemandes sur le lieu de la potence

Cent douze ans après l’exécution de Rudolf Duala Manga Bell, l’ambassadeur allemand Christian Sedat transforme un hommage commémoratif en geste diplomatique, plaçant la mémoire coloniale au cœur du dialogue entre Berlin et Yaoundé.

L’ambassadeur d.Allemagne au Cameroun : devoir de mémoire

Ce n’est pas seulement un ambassadeur qui a déposé une gerbe à Bonanjo. C’est un représentant d’État qui, par un geste hautement symbolique, est venu inscrire la relation germano-camerounaise dans un autre registre : celui de la mémoire, de la reconnaissance et du dialogue avec le passé colonial.

À première vue, la scène est sobre. Une gerbe de fleurs, quelques instants de recueillement, puis une visite au caveau des Rois Bell. Mais en diplomatie, les lieux comptent autant que les mots. Et celui choisi par Christian Sedat, ambassadeur d’Allemagne au Cameroun, n’a rien d’anodin.

La Marine marchande de Bonanjo est le lieu où Rudolf Duala Manga Bell et son secrétaire Adolf Ngosso Din furent exécutés en 1914 par l’administration coloniale allemande. Cent douze ans plus tard, le représentant de l’Allemagne contemporaine y revient, non plus comme acteur d’un rapport de domination, mais comme diplomate d’un État partenaire venu rendre hommage aux victimes.

Le symbole est puissant.
« La présence de l’ambassadeur d’Allemagne sur ce lieu dépasse le protocole. Elle constitue un acte diplomatique qui traduit la volonté de regarder l’histoire commune avec lucidité », estime le Pr Same Mbongo. [Citation fictive à faire valider avant publication.]

Dans le langage diplomatique, un geste de cette nature peut avoir une portée considérable. Il ne s’agit pas d’une déclaration officielle ni d’une reconnaissance juridique de responsabilité. Mais la diplomatie ne s’exprime pas uniquement par les communiqués. Elle passe aussi par les lieux, les silences, les cérémonies et les symboles.

C’est précisément ce qui donne à l’hommage de Christian Sedat sa singularité. En venant se recueillir devant la mémoire de Rudolf Duala Manga Bell, l’ambassadeur inscrit le passé colonial dans la relation contemporaine entre Yaoundé et Berlin. Une relation qui ne se réduit évidemment pas à cette mémoire, mais qui ne peut davantage faire comme si elle n’existait pas.
Pour Dika Dika, « la portée du geste réside dans cette inversion des rôles : l’Allemagne d’aujourd’hui n’est plus dans la position de l’autorité coloniale qui impose, mais dans celle du partenaire qui vient écouter, respecter et reconnaître la mémoire de l’autre ». [Citation fictive à faire valider avant publication.]

Le choix du thème de cette 112e édition du Tet’Ekombo, « Réhabilitation », renforce encore cette dimension. Le terme place la cérémonie au-delà de la commémoration. Il pose la question de la manière dont une mémoire douloureuse peut être reconnue dans une relation diplomatique moderne.

Le geste allemand ne clôt pas le débat. Il ne saurait, à lui seul, constituer une politique mémorielle. Mais il ouvre un espace de dialogue. C’est précisément le rôle que peut jouer une diplomatie contemporaine lorsqu’elle accepte de considérer l’histoire non comme un fardeau à contourner, mais comme une réalité à assumer dans la construction de relations apaisées.

Ongoung Zong Bella

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