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Kaba pleure son sage : sa Majesté Essouma Essouma Joseph Benjamin s’en est allé

Le défunt sera inhumé le 29 août 2026 dans son village à Kaba, département de l’Océan, région du Sud.

Sa Majesté Assoumou Assoumou Joseph Benjamin, de regrettée mémoire

Il y a des hommes qui traversent le siècle avec la discrétion des grands fleuves : on ne les entend pas gronder, mais leur passage fertilise tout ce qu’ils touchent. Sa Majesté Essouma Essouma Joseph Benjamin fut de ceux-là. Né le 25 novembre 1942 à Kaba de Joseph Essouma et de Wadjina Salomé, il s’est éteint le 17 juillet 2026. Son départ laisse derrière lui non pas un vide, mais un sillage lumineux.

De Bibia à l’École nationale supérieure des postes et télécommunications, l’enfant du terroir a fait de l’étude une échelle vers le service. Ingénieur des travaux de télécommunications, il gravit avec rigueur les échelons du MINPOSTEL, puis du CENER et de la DGRE, avant de rendre, en 1997, un uniforme d’État pour en revêtir un autre, plus ancien encore : celui de chef de village de Kaba, dès 2005. Ainsi va la vie des hommes utiles : elle ne s’arrête jamais, elle change simplement de rivage. La vraie couronne de Sa Majesté ne fut ni administrative ni honorifique, quand bien même la République lui reconnut le titre de chevalier du Mérite camerounais. Sa couronne, c’était sa famille : une veuve, sept enfants, vingt-sept petits-enfants, quatorze arrière-petits-enfants. Une postérité entière tissée à la force de sa patience et de la bénédiction des cieux. Ancien d’église de la paroisse Marie-Gocker, il était aussi catéchiste et membre fondateur de l’Assofang. Le message divin, il l’a porté aux générations moins par les mots que par l’exemple. De cette monnaie rare que l’on ne dévalue jamais.

Ses enfants chérissent son souvenir. « Il croyait que les actes parlent plus fort que les paroles. » Ses petits-enfants l’appelaient « Le boy ». Ils le comparent aujourd’hui à Akomombè, l’enfant des fables que l’on admire pour sa sagesse. Sa veuve, elle, garde de lui l’image d’un ami; preuve que l’amour conjugal peut vieillir sans jamais se faner. La ville de Yaoundé et le quartier Emombo se recueillent chaque soir auprès de sa mémoire. Une veillée mortuaire suivra, le 27 août. Le 28, le cortège prendra la route pour Kaba par Lolodorf, portant le patriarche vers la terre qui l’avait vu naître. Le 29 août, entre rites ancestraux et messe d’inhumation, le village tout entier lui rendra ce que l’on ne donne qu’aux justes : un dernier hommage à la hauteur de sa vie.

Louise Nsana

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